Sur la petite île grecque de Patmos, 3 000 âmes, pas un cas de coronavirus n'a été recensé. Alors Christine n'a aucune crainte d'y retourner. Elle ne sait par contre toujours pas si elle pourra s'y rendre, comme elle le fait chaque année depuis 20 ans. " Et même 40, pour mon compagnon ! " Il y a environ cinq ans, le couple y a acheté une maison et des studios, habituellement loués en cette saison. " Bon, pour cette année, c'est complètement foutu. "
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Sur la petite île grecque de Patmos, 3 000 âmes, pas un cas de coronavirus n'a été recensé. Alors Christine n'a aucune crainte d'y retourner. Elle ne sait par contre toujours pas si elle pourra s'y rendre, comme elle le fait chaque année depuis 20 ans. " Et même 40, pour mon compagnon ! " Il y a environ cinq ans, le couple y a acheté une maison et des studios, habituellement loués en cette saison. " Bon, pour cette année, c'est complètement foutu. " Foutu aussi leur propre séjour prévu en mars, comme celui de juin. Des vols vers Athènes et Thessalonique ont repris, mais une quarantaine (de sept jours en cas de test négatif, de quatorze s'il est positif) est toujours d'application à l'arrivée dans le pays. La situation devrait revenir à la normale dès le 1er juillet. Donc Christine attend, avant de réserver un vol. " Une chose est sûre, ce ne sera pas avec Ryanair. La situation nous a donné envie de faire une croix sur cette compagnie. D'abord parce qu'on y est véhiculé comme des boeufs, puis parce qu'on se rend compte qu'il n'est plus possible de faire un aller-retour pour Rome pour 20 euros, qu'il faut accepter de payer un peu plus cher son billet. " Isabelle, elle, se tracasse surtout du prix des billets de train vers la Corrèze, où elle possède une seconde résidence. Un coup de coeur, après des vacances passées là-bas dans un gîte. " On avait adoré, il n'y avait pas un chat. On y est retourné, on a sympathisé avec des gens qui, un jour, nous ont dit qu'ils avaient une maison à vendre dans le village. Ce n'était pas du tout notre projet, mais on l'a achetée. " Isabelle attendait la réouverture des frontières avec la France, le 15 juin, pour y retrouver " le silence, la nature ". " D'ailleurs, quand Bruxelles a été confinée, on s'est dit " ça redevient calme ", on dirait un petit bout de Corrèze. La pandémie nous a ancrés dans notre conviction qu'il vaut mieux voyager à proximité et pas à l'autre bout du monde. " Christine et Isabelle font partie des 380 000 Belges possédant une seconde résidence. Dont 56 % en Belgique, pour une grande majorité à la côte. Ceux-là peuvent à nouveau séjourner dans leur logement secondaire depuis le 21 mai dernier. Ceux qui avaient opté pour l'Espagne (qui représente 41 % des acquisitions immobilières étrangères) devront patienter jusqu'au 1er juillet. Viennent ensuite la France (accessible depuis le 15 juin), le Portugal (idem, mais uniquement en avion, à l'exception de Madère et des Açores, qui imposent une quarantaine en cas de test positif) et l'Italie (la première à rouvrir, le 3 juin). Pour la Turquie, le cinquième pays le plus prisé des propriétaires immobiliers belges à l'étranger, la date de réouverture des frontières n'était toujours pas connue au moment de rédiger ces lignes. Dans les prochains mois, le marché immobilier de la seconde résidence à l'étranger devrait connaître un ralentissement. Victime collatérale du coronavirus...