À l'extérieur règnent calme et verdure, à l'intérieur se déroule une sympathique animation. Le hall d'entrée du centre Ter Duinen, un centre de convalescence situé à Nieuport, évoque une place de village où les passants se croisent et s'arrêtent parfois pour faire causette.
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À l'extérieur règnent calme et verdure, à l'intérieur se déroule une sympathique animation. Le hall d'entrée du centre Ter Duinen, un centre de convalescence situé à Nieuport, évoque une place de village où les passants se croisent et s'arrêtent parfois pour faire causette. L'image de la place du village plait bien à Jurgen Ollevier, manager de l'équipe soignante à Ter Duinen. " Notre établissement compte au total 350 lits pour autant de clients. Auxquels s'ajoutent les quelque 170 membres du personnel : il s'agit bel et bien d'un village. " Un centre de santé ou de convalescence est un endroit où séjourner après une hospitalisation, quand on n'est pas encore en état de rentrer chez soi. Pour reprendre des forces après une grave maladie ou un traitement éprouvant, ce type de centre offre une bonne solution. " Nous accueillons aussi toute personne qui veut profiter de vacances sans souci, ajoute Jurgen Ollevier. Par exemple, nous hébergeons des groupes de Samana et de son pendant wallon Altéo (mouvement de personnes malades, valides et handicapées). Ces organisations viennent ici en vacances toute l'année avec leurs bénévoles. Les particuliers sont les bienvenus également. Il s'agit souvent de personnes qui ne sont plus en super forme ni 100% autonomes et qui se sentent chez nous en sécurité : nous disposons en effet d'un système qui leur permet de faire appel à notre équipe soignante, 24 h sur 24 h, en cas de besoin. " Troisième pilier, après les séjours de convalescence et les vacances, il y a aussi la possibilité de court séjour. " Les aidants proches peuvent avoir besoin d'un répit pour recharger leurs batteries. La personne malade dont ils s'occupent pourra venir chez nous. Elle sera entre de bonnes mains et aura, elle aussi, l'impression d'être en vacances. Pas étonnant que les mois d'été sont réservés un an à l'avance ! " Mais le pilier le plus important est et reste le séjour de convalescence. " Du nombre total de lits, 235 sont réservés aux personnes qui ont besoin de récupérer après une opération ou une maladie, poursuit Jurgen Ollevier. Dans quasi deux cas sur trois, l'intervention est de nature orthopédique : une opération de la hanche, une prothèse du genou ou de l'épaule, une fracture des côtes ou de la jambe. Imaginez que, sexagénaire ou septuagénaire, on vous a placé une nouvelle hanche ou vous avez subi une opération du pied en raison d'un hallux valgus. Même si vous êtes en forme, vous vous retrouvez dans une situation où vous avez besoin d'aide au quotidien, pour faire les courses, vous laver et vous habiller, aller aux toilettes. " De plus en plus de gens atterrissent donc directement dans ce type de centre après leur hospitalisation. Plusieurs facteurs sociétaux expliquent cette situation, selon Jurgen Ollevier : " Le monde a beaucoup changé. Il y a trente ans, on était moins nombreux à travailler à l'extérieur et il y avait donc souvent quelqu'un à la maison qui pouvait se charger des soins d'un proche à sa sortie d'hôpital. N'oublions pas non plus que la durée des hospitalisations ne cesse de se réduire. Après une opération, vous êtes renvoyé à la maison à un moment où vous avez encore besoin de beaucoup d'aide. Et une fois à la maison, la convalescence ne fait que commencer. Comment se rendre chez le kiné quatre fois par semaine si personne ne peut vous y conduire ? Dans de telles situations, nous faisons office de passerelle entre l'hôpital et le domicile. " Le vieillissement de la population explique aussi que de plus en plus de personnes séjournent dans un centre de santé. Plus longtemps nous vivons, plus nous risquons d'avoir un jour besoin d'aide ou de soins supplémentaires (comme après une pose de prothèse de hanche ou de genoux) ou d'être confrontés à l'une ou l'autre maladie. " Ces dernières années, la moyenne d'âge de nos clients a fortement augmenté. Elle est de 75 à 80 ans en ce moment. Nous rencontrons aussi de plus en plus de malades chroniques, atteints du diabète, de problèmes cardiovasculaires ou d'affections pulmonaires. Après un hiver rude, nous les voyons arriver ici pour reprendre des forces. " Jurgen Ollevier fait également remarquer que notre société compte de plus en plus de personnes seules. " Il est logique qu'elles décident rapidement de séjourner dans un centre de santé lorsqu'elles ont besoin de soins particuliers. Et les couples sont ainsi les bienvenus ! Toute personne en convalescence peut se faire accompagner d'une personne en bonne santé. Un couple âgé peut récupérer ensemble après une période difficile où l'un des deux a été hospitalisé. Tandis que l'un récupère, l'autre peut prendre le petit train vers la digue, lire le journal à son aise ou se mettre à table sans se préoccuper de la préparation du repas. L'aidant proche peut ainsi se reposer et prendre du bon temps tout en restant près de son proche convalescent. " Le centre Ter Duinen compte de nombreux soignants : médecins, infirmiers, diététiciens, ergothérapeutes, un service social, un psychologue. Et comme deux convalescents sur trois arrivent ici avec des problèmes orthopédiques, une solide équipe de kinésithérapeutes peut s'occuper de leur revalidation. La salle de kiné est particulièrement animée. Des personnes s'activent sur les appareils, sous la houlette des kinés. Pour le kinésithérapeute Jan De Meyer, le principal objectif des traitements est de faire en sorte que les clients retrouvent un maximum d'autonomie : " Ils viennent ici pour retrouver leur mobilité et pouvoir se débrouiller. Nous y travaillons ensemble. En principe, un client est pris en charge par le même kiné : c'est bon pour instaurer un lien de confiance, mais aussi pour suivre les progrès de près. Une séance de kiné démarre individuellement, en cabine, et se termine par des exercices aux engins, en compagnie d'autres clients. C'est une puissante motivation : ils discutent, se soutiennent, s'entraident. " Ce qui frappe, c'est que tout le monde ici parle d'hôtes, de clients et non de patients. " C'est un choix délibéré, précise Jurgen Ollevier. Ceci n'est pas un hôpital. Les gens sont habillés, ils vont manger au restaurant, ils vont et viennent comme ils veulent. Il y a une cafétéria, un magasin, un salon de coiffure, même un espace bien-être où ils peuvent réserver un massage ou une séance de pédicure. Les visiteurs peuvent aussi entrer et sortir en toute liberté, il n'y a pas d'horaire de visite. Ter Duinen se trouve d'ailleurs sur un parcours vélo ; un panneau invite les cyclistes à faire halte et à venir boire un verre chez nous. Nous ne voulons pas être une île, mais une maison ouverte. " La porte de la cafétéria s'ouvre, laissant échapper quelques notes de musique. Un musicien-chanteur assure l'animation cet après-midi ; le public frappe dans les mains et reprend un air connu. Sur la chanson suivante, plus calme, un vieux couple se risque à quelques pas de danse. " C'est chouette de voir les gens s'amuser, se réjouit Hanne De Meyer, qui gère le magasin à côté de la cafétéria. Ce magasin est ouvert trois jours par semaine. On y trouve toutes sortes de choses, des bas de soutien à du matériel pour diabétiques, du déambulateur à de solides chaussures. C'est pratique de pouvoir acheter ou commander ici ce dont les convalescents auront besoin à domicile. "