Quand elle parcourt l'album photos des travaux, Daphné Gevers est intarissable. Sa maison, c'est un projet au long cours, qu'elle a laissé mûrir puis a réalisé avec son mari. Et pour lequel toute la famille - et les amis - ont mis la main à la pâte. La fine équipe a passé des week-ends entiers à placer des tuyaux, détruire des murs à la masse et tirer des câbles électriques.
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Quand elle parcourt l'album photos des travaux, Daphné Gevers est intarissable. Sa maison, c'est un projet au long cours, qu'elle a laissé mûrir puis a réalisé avec son mari. Et pour lequel toute la famille - et les amis - ont mis la main à la pâte. La fine équipe a passé des week-ends entiers à placer des tuyaux, détruire des murs à la masse et tirer des câbles électriques. Lorsqu'elle acquiert en 1998 cette maison uccloise située aux environs de la gare d'Uccle-Stalle, pour la modique somme - vu l'endroit - de 125 000 euros, c'est, de l'aveu même de Daphné Gevers, " une ruine ". Ancien débit de boissons, qui, d'après les racontars du quartier, a pendant un moment accueilli une maison de passe, le bâtiment nécessite une rénovation de fond en comble. Le couple fait appel à l'architecte Gauthier Coton pour débroussailler le terrain. " La difficulté était de faire entrer de la lumière à l'arrière de la maison, là où le salon devait idéalement se trouver, commente-t-il. L'idée est venue de créer un patio et de percer un puits de lumière dans le fond. "C'est que l'ancienne cour arrière se termine sur un mur haut de cinq mètres, percé en son centre d'un escalier menant au jardin " suspendu ". Le parti est pris d'utiliser cette cour arrière pour étendre l'habitation, et de créer un accès de plain-pied au jardin par le premier étage, au-dessus du nouvel espace salon-salle à manger. Le patio, orienté plein sud, permet de laisser entrer la lumière en abondance. La cuisine, placée à front de rue, est séparée de la salle à manger par une immense porte coulissante. Un nouveau hall est créé : on y accède par le seul vestige conservé de l'ancien café : la porte d'entrée. " Les murs mitoyens ne sont pas totalement parallèles, indique Gauthier Coton. On a pu jouer là-dessus pour accentuer l'idée de longueur. Les vues traversant le patio renforcent cette impression. " Tout comme le banc en zinc, qui court le long du mur mitoyen jusqu'au salon. Le rez-de-chaussée s'ouvre aussi sur le premier étage par un escalier ouvert. Des matériaux peu usités à l'époque ont été privilégiés. La salle de bains, en béton poli, est presque devenue un classique aujourd'hui, mais n'était pas très répandue lors de la conception. L'acier se retrouve aussi à de nombreux endroits : marches d'escalier, plinthes, tablettes de fenêtres... " L'entrepreneur, par ailleurs photographe, était très ouvert à toutes ces nouveautés esthétiques ", commente Daphné Gevers. Grâce à la contribution énergique de la troupe de travailleurs, le budget n'a pas explosé. Il atteint 400 000 euros, achat de la maison, travaux et frais compris. Même s'il est difficile de comparer avec les coûts actuels, qui ont explosé ces derniers temps, on peut estimer que ce budget reste raisonnable pour une maison bruxelloise avec jardin, qui s'étend sur environ 270 mètres carrés habitables. Encore fallait-il disposer d'huile de bras et d'une fibre bricoleuse... Gilles Quoistiaux