C'est un crime choquant. Le 23 mars, trois habitantes de Renaix ont assassiné un couple de Frasnes-lez-Anvaing, Mechtilde Plume, 78 ans, et Daniel Beache, 73 ans. Les deux septuagénaires, qui allaient fêter leurs cinquante ans de mariage, " étaient connus pour leur gentillesse ", selon le bourgmestre Jean-Luc Crucke (MR). Ils avaient aussi la réputation de venir en aide à ceux qui en avait besoin. Ce jour-là, les trois femmes, que Mechtilde et Daniel connaissaient, leur ont apporté un gâteau empoisonné, bourré de produit hypnotique. Les visiteuses ont ensuite étranglé leurs hôtes. L'argent est le mobile de ce double assassinat.
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C'est un crime choquant. Le 23 mars, trois habitantes de Renaix ont assassiné un couple de Frasnes-lez-Anvaing, Mechtilde Plume, 78 ans, et Daniel Beache, 73 ans. Les deux septuagénaires, qui allaient fêter leurs cinquante ans de mariage, " étaient connus pour leur gentillesse ", selon le bourgmestre Jean-Luc Crucke (MR). Ils avaient aussi la réputation de venir en aide à ceux qui en avait besoin. Ce jour-là, les trois femmes, que Mechtilde et Daniel connaissaient, leur ont apporté un gâteau empoisonné, bourré de produit hypnotique. Les visiteuses ont ensuite étranglé leurs hôtes. L'argent est le mobile de ce double assassinat. Les personnes âgées sont de plus en plus la cible de crimes crapuleux. Toutes les agressions ne se terminent pas de manière aussi tragique qu'à Frasnes, loin de là. Mais les chiffres sont néanmoins préoccupants. Interrogé à la mi-mars par la députée MR Jacqueline Galant, le ministre de l'Intérieur Guido De Padt (Open VLD) a livré les dernières statistiques disponibles. En évolution constante, le nombre de rackets (extorsions et vols avec violence) des personnes âgées de plus de 65 ans, recensés par la police au niveau national, était de 762, en 2007, contre 484, en 2004. Une augmentation de plus de 57 %. Les individus qui s'attaquent aux personnes âgées sont souvent des professionnels spécialisés dans ce type de criminalité. Ce sont soit des voleurs à la ruse, qui, avec du culot et du bagout, se font passer pour de faux agents de police ou de faux employés d'Electrabel afin de pénétrer dans le domicile des victimes ; soit des escrocs qui démarchent de vieilles personnes, profitant de leur naïveté pour leur faire signer un abonnement ou un contrat bidon ; soit des agresseurs qui s'introduisent dans les maisons par effraction. " En général, les auteurs sont bien renseignés, ils épient leur proie, fouillent les poubelles. Mais, parfois, ce sont des connaissances, voire quelqu'un du voisinage. Bref, ces victimes fragiles ne sont pas choisies par hasard ", assure Philippe Dewindt, de la cellule APA (Agression sur Personnes Agées) de la police locale de Charleroi. Les faits enregistrés par les policiers carolos sont assez fréquents : un à deux par semaine. Les élucidations se multiplient, elles aussi. Fin février, les enquêteurs ont alpagué un agresseur en série qui repérait les dames âgées à la sortie des banques ou des bureaux de poste, puis les suivaient jusque chez elles, où ils les rouaient de coups pour dérober leur argent. L'homme est en aveux pour au moins dix agressions. Les aînés sont également ciblés par des pickpockets ou des voleurs à la tire. Ceux-ci les espionnent dans les sas de banque lorsqu'ils tapent leur code secret à un distributeur de billets ou détournent leur attention avec une fausse crotte de pigeon sur leur épaule, avant de les détrousser. Deux techniques répandues. Le phénomène des agressions des aînés est si particulier que des cellules APA existent dans plusieurs villes autres que Charleroi, comme Mons et Tournai. Par ailleurs, un plan d'action est en cours d'élaboration au ministère de l'Intérieur pour sensibiliser les autorités locales. Un court-métrage a été réalisé pour être diffusé, dès ce mois d'avril, par les télés communautaires. Sans compter l'information des personnes âgées elles-mêmes à qui il faut réapprendre les mesures de prudence de base : ne pas laisser entrer un inconnu chez soi. Et s'il s'agit d'un policier, même en uniforme : demander sa carte de légitimation, qui est visible sur les sites Internet de toutes les zones de police. Thierry Denoël