" La loi belge de 2002 sur le droit des patients est un événement fondamental. Elle a changé la relation entre le patient et le médecin, sanctionnant l'évolution en cours, assure le Dr Jean-Jacques Rombouts (photo), vice-président du Conseil national de l'Ordre des médecins. On est passé progressivement d'une relation paternaliste à une forme de partenariat. " A la Ligue des usagers des services de santé (LUSS), fédération francophone basée à Namur et qui regroupe 80 associations de patients en Belgique, on voit aussi dans cette loi " u...

" La loi belge de 2002 sur le droit des patients est un événement fondamental. Elle a changé la relation entre le patient et le médecin, sanctionnant l'évolution en cours, assure le Dr Jean-Jacques Rombouts (photo), vice-président du Conseil national de l'Ordre des médecins. On est passé progressivement d'une relation paternaliste à une forme de partenariat. " A la Ligue des usagers des services de santé (LUSS), fédération francophone basée à Namur et qui regroupe 80 associations de patients en Belgique, on voit aussi dans cette loi " un signal fort " : " La toute-puissance du prestataire de soins détenteur du savoir scientifique est remise en question. Pour autant, le monde médical a des réticences à laisser une place au patient, à devoir justifier et partager ". Pour Fabrizio Cantelli, coordinateur à la LUSS, " la loi de 2002 reste largement méconnue et peu mise en pratique. Le patient subit encore des situations inacceptables. La consultation de son dossier médical ou l'obtention d'une copie sont toujours, dans les faits, des démarches compliquées. Il ne sait pas bien où il peut obtenir des informations préalables, à qui il peut demander des résultats d'électroencéphalogrammes et autres examens. D'où notre Manifeste des patients de décembre 2013. " Depuis la loi de 2002, des professionnels appelés " médiateurs " sont chargés de répondre aux plaintes de patients dont les droits n'auraient pas été satisfaits : droit d'avoir des prestations de qualité, de consulter le dossier médical... Chaque hôpital a l'obligation de disposer d'un service de médiation. De même, des médiateurs externes attachés au SPF Santé publique sont compétents pour les plaintes relatives aux maisons de repos et de soins. Les rapports annuels indiquent toutefois un faible nombre de plaintes adressées au service fédéral. Celles qui touchent à la qualité des soins sont souvent liées au comportement et à la communication du praticien ou à un acte technique. Ainsi, des patientes se sont plaintes après avoir constaté dans leur dossier l'absence de précision sur le type de prothèse mammaire utilisé par le chirurgien. Porter plainte n'est pas une démarche anodine : un patient peut être découragé par la crainte de voir sa relation thérapeutique altérée, voire par la peur de conséquences sur sa santé. Plus largement, l'existence de médiateurs reste peu connue du public et des soignants. " La fonction n'est pas assez visible, déplore Fabrizio Cantelli. En matière de divorce ou d'allégement de peines, un médiateur est défini comme un tiers indépendant, mais ce statut n'est pas pleinement respecté dans le cas des médiateurs hospitaliers, qui sont plutôt des acteurs au service de l'établissement. " O.R.