Dans son cabinet, le Pr Marijke Van Kampen, kinésithérapeute à l'UZ Leuven, relie ses patients à un appareil de biofeedback. Celui-ci reproduit sur un écran la tension mesurée dans leurs muscles par des électrodes cutanées. " Je vois qu'ils sont très surpris, car ici les conséquences de leur stress sont visibles noir sur blanc, constate-t-elle. " Le biofeedback par EMG permet de visualiser et de quantifier l'activité électrique dans les muscles, bien trop élevée en cas de stress. " Beaucoup de gens ignorent à quel point le stress exerce un impact sur leur corps. Nombreux sont ceux qui n'en reconnaissent plus les signaux car ils ne font pas suffisamment confiance à leurs propres sensations ", déplore Myriam Vervaecke, licenciée en éducation physique et thérapeute en relaxation à l'hôpital du Gasthuisberg. Avant que n'apparaissent les premiers troubles physiques, le corps stressé a déjà émis plusieurs signaux d'avertissement, mais en vain. Les gens ne demandent de l'aide que lorsqu'ils ne savent plus maîtriser la pression ou commencent à souffrir de troubles somatiques. Pourtant, une approche préventive permettrait d'éviter pas mal de souffrances.
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Dans son cabinet, le Pr Marijke Van Kampen, kinésithérapeute à l'UZ Leuven, relie ses patients à un appareil de biofeedback. Celui-ci reproduit sur un écran la tension mesurée dans leurs muscles par des électrodes cutanées. " Je vois qu'ils sont très surpris, car ici les conséquences de leur stress sont visibles noir sur blanc, constate-t-elle. " Le biofeedback par EMG permet de visualiser et de quantifier l'activité électrique dans les muscles, bien trop élevée en cas de stress. " Beaucoup de gens ignorent à quel point le stress exerce un impact sur leur corps. Nombreux sont ceux qui n'en reconnaissent plus les signaux car ils ne font pas suffisamment confiance à leurs propres sensations ", déplore Myriam Vervaecke, licenciée en éducation physique et thérapeute en relaxation à l'hôpital du Gasthuisberg. Avant que n'apparaissent les premiers troubles physiques, le corps stressé a déjà émis plusieurs signaux d'avertissement, mais en vain. Les gens ne demandent de l'aide que lorsqu'ils ne savent plus maîtriser la pression ou commencent à souffrir de troubles somatiques. Pourtant, une approche préventive permettrait d'éviter pas mal de souffrances. " Nous pouvons difficilement intervenir au niveau des causes du stress, poursuit Marijke Van Kampen. Mais il nous est possible d'enseigner des techniques visant à en réduire les conséquences physiques et mentales. Quand le stress fait monter la tension musculaire, des exercices de relaxation permettent de la faire diminuer et d'atténuer le stress par la même occasion. Les gens se sentent alors mentalement plus calmes. Si le rythme respiratoire s'accélère et qu'il y a un risque d'hyperventilation, une thérapie respiratoire relaxante peut engendrer calme et détente. " Pour ce faire, inutile de se coucher sur un tapis dans une salle semi-obscure. Le but est d'apprendre aux gens à maîtriser une technique qu'ils puissent également appliquer dans leur vie quotidienne. Ces techniques sont généralement basées sur la relaxation et la méditation, dans toutes les combinaisons possibles. Il en existe des dizaines : le yoga, la sophrologie, l'haptonomie, le training autogène, l'eutonie, le " mindfulness ", et tant d'autres encore, d'allure plus exotique ou plus technologique... Elles ont souvent un côté très soft, certaines sont très commerciales, et tout n'est assurément pas scientifiquement fondé. " Le " mindfulness " a reçu beaucoup d'attention grâce à la ministre Inge Vervotte, précise Marijke Van Kampen. La ministre flamande du Bien-être s'y est intéressée de près au début de l'année dernière et a financé la recherche à ce niveau lors de son mandat. Cela a permis quelques investigations scientifiques. Il est alors apparu que cette technique de méditation réduisait de moitié le risque de rechute après une dépression. En un rien de temps, les cours de " mindfulness " ont dès lors connu un succès considérable, et plusieurs livres traitant de ce sujet ont été publiés. Si la ministre avait choisi une autre technique de réduction du stress, les résultats auraient probablement été aussi favorables. "Depuis lors, le succès du " mindfulness " est quelque peu retombé, sa mise en pratique dans la vie quotidienne n'étant apparemment pas si évidente. " En réalité, il en va de même pour toutes les techniques : vous pouvez suivre un apprentissage, en apprendre les ficelles, mais il vous faut également arriver à intégrer tout cela dans votre vie de tous les jours ", préviennent de concert Marijke Van Kampen et Myriam Vervaecke. Alors, que choisir ? " Ne me faites pas m'allonger sur une table les yeux fermés en me disant que mon bras devient lourd... " ou " Si vous me dites que je dois me concentrer sur mon petit orteil, je vais à coup sûr éclater de rire ". Les thérapeutes qui pratiquent un travail corporel entendent souvent ce genre de discours. " C'est pour cette raison que toute les thérapies devraient commencer par un entretien préliminaire. Il est important de choisir la technique qui convient le mieux à sa personnalité ", conseille Marijke Van Kampen. Par exemple, les personnes qui n'apprécient pas les contacts physiques ne doivent pas s'orienter vers l'haptonomie, où le contact est primordial. Idem pour ceux qui trouvent telle ou telle méthode ridicule : mieux vaut alors en choisir une autre qui semble plus sérieuse à leurs yeux. Il est impératif de faire le bon choix. " Inutile de demander à un homme d'affaires très pragmatique de s'imaginer au milieu d'un champ de blé. Ce genre de personne préférera sans doute le biofeedback qui lui permettra de visualiser sa tension musculaire sur un écran et d'apprendre des techniques pour réduire cette tension ", complète Marijke Van Kampen. " Quelle que soit la technique choisie, le but est toujours de prendre davantage conscience de son corps et de maintenir ses pensées dans l'instant présent ", souligne Myriam Vervaecke. Etre plus à l'écoute de son corps signifie apprendre à détecter les signaux d'avertissement émis par celui-ci. Crispation du front, tête dans les épaules, respiration accélérée... une fois que vous avez pris conscience de ces signaux, vous pouvez immédiatement y réagir à l'aide d'exercices tout simples. " Si, par exemple, vous êtes stressé lors d'une réunion, essayez de recourber vos orteils vers vous et ensuite de les étirer : ce simple geste contribue déjà à réduire la tension ", illustre Myriam Vervaecke. Les petites irritations quotidiennes constituent une source importante de stress chronique. Si l'on n'y prend garde, elles entraînent de l'anxiété, de la nervosité et des pensées négatives. Si, dans ces moments-là, vous arrivez à mettre en application l'une ou l'autre technique de relaxation " instantanée ", vous pourrez vous débarrasser automatiquement de vos irritations. Et enclencher un cercle vertueux, car celui qui est détendu arrivera à se dégager plus facilement des soucis et des pensées négatives et parviendra à rester concentré. Marleen Finoulst