Le retour en ville n'est pas encore manifeste dans la cité du Doudou. A tout le moins au sein de son coeur piétonnier, où les logements sont rares, atteste le notaire louviérois Sylvain Bavier. " Attention, je ne dis pas que le centre-ville historique montois est inhabité, car on y trouve nombre de belles maisons anciennes. Mais l'hypercentre se distingue par une absence de logements aux étages des commerces ", tempère-t-il. Absence remarquée par les élus locaux, qui ont la volonté d'endiguer le déclin résidentiel du piétonnier montois tout en en redynamisant le tissu commercial. Leur idée ? Une sorte de " maternité commerciale " confiée aux bons soins de la Régie foncière, chargée d'acquérir les immeubles commerciaux vides ou en difficulté pour les remettre sur le marché à prix doux et ainsi encourager les indépendants à se lancer. Le tout en aménageant, dans l'intervalle, des appartements qualitatifs au-dessus des boutiques.
...

Le retour en ville n'est pas encore manifeste dans la cité du Doudou. A tout le moins au sein de son coeur piétonnier, où les logements sont rares, atteste le notaire louviérois Sylvain Bavier. " Attention, je ne dis pas que le centre-ville historique montois est inhabité, car on y trouve nombre de belles maisons anciennes. Mais l'hypercentre se distingue par une absence de logements aux étages des commerces ", tempère-t-il. Absence remarquée par les élus locaux, qui ont la volonté d'endiguer le déclin résidentiel du piétonnier montois tout en en redynamisant le tissu commercial. Leur idée ? Une sorte de " maternité commerciale " confiée aux bons soins de la Régie foncière, chargée d'acquérir les immeubles commerciaux vides ou en difficulté pour les remettre sur le marché à prix doux et ainsi encourager les indépendants à se lancer. Le tout en aménageant, dans l'intervalle, des appartements qualitatifs au-dessus des boutiques. Une stratégie qui rend dubitatif Aldo Zambito, dont l'agence immobilière Alpimmo est installée en bordure du centre-ville montois depuis plus de trente ans. " Le piétonnier n'est pas adapté à l'habitat, argue le courtier. Il est exigu, sinuant de la Grand'Rue à la rue de la Chaussée et ses perpendiculaires pour finir à la Grand-Place. Surtout, les immeubles s'y limitent à quatre ou cinq mètres de façade, ce qui ne rend pas aisée la création d'une entrée et d'une cage d'escalier latérales pour desservir les étages. " Plusieurs de ses clients investisseurs s'y sont essayés sans succès, prévient-il. " Ils y ont cru, ont dépensé beaucoup d'argent pour faire de jolis appartements mais ils n'ont pas trouvé de locataires et ont été contraints de vendre sans récupérer leur mise. " Pas mûrs pour la vie en ville, les Montois ? " Avec Mons 2015 et le statut de capitale européenne de la culture, il y a eu un pic, oppose Me Bavier. Beaucoup de gens sont revenus au centre-ville. Puis l'engouement s'est essoufflé et un climat de morosité s'est installé. " Mais cinq ans plus tard, le piétonnier fait à nouveau parler de lui, grâce à une impulsion originale : l'ouverture, quoique discrète car en pleine crise sanitaire, du huitième magasin Primark du pays le 11 mai dernier. De là à dire que la venue de l'enseigne irlandaise de vêtements et accessoires à prix cassés est le tremplin dont avait besoin l'hypercentre montois pour renaître, il y a un pas... allègrement franchi par Aldo Zambito. " Primark et le nouveau parking rue Notre-Dame ont boosté l'attractivité du piétonnier ", se réjouit-il, ajoutant voir plus de monde dans les rues pavées du centre-ville qu'avant la crise. Ce que les statistiques de flux piétons publiées cet été par l'asbl Gestion Centre-ville confirment. " Primark ne fonctionne pas vraiment comme une locomotive, nuance Jean-Luc Calonger, président de l'AMCV, l'Association du management de centre-ville, dont le siège est situé à Mons, à un jet de pierre du piétonnier. L'enseigne ramène du flux, certes, mais c'est une destination shopping pour ses clients, qui n'iront pas nécessairement faire leurs courses ailleurs ensuite. Et même si c'était le cas, il y a un tel taux de cellules commerciales vides alentour (27,5 % dans la Grand'Rue et la rue de la Chaussée, contre une moyenne wallonne déjà très mauvaise de 17 %) que l'offre est maigrichonne. " Et l'expert d'en revenir à l'importance du rôle des pouvoirs publics dans la redynamisation des centres-villes. Avec ceci que, selon lui, plus encore que sur les commerces, c'est sur l'espace public que les autorités montoises doivent concentrer leurs efforts. " La création d'un cadre de vie agréable dans les centres urbains est un véritable enjeu et nécessite des investissements importants. Mais c'est en cours, Mons devient très instagrammable ", sourit-il. Quid de la densification du bâti, indissociable du retour en ville ? Car la création d'appartements aux étages des commerces du piétonnier ne suffira pas. " Si cela ne tenait qu'à moi, j'autoriserais la reconversion en logements de ces dizaines de rez commerciaux vides qui bordent, en partant de la gare et en se dirigeant vers Primark, les rues Rogier, de la Petite Guirlande et des Capucins ", pointe le patron d'Alpimmo, qui précise qu'à part la démolition-reconstruction, il y a peu d'options. Exception faite du site Belgacom (lire ci-dessus), les promoteurs ne trouvent rien à se mettre sous la dent dans le centre-ville montois. " C'est la raison pour laquelle ils ont filé vers la périphérie, y multipliant les projets d'immeubles à appartements ", indique Me Bavier. " Une ville nouvelle s'est créée, à tel point que le bourgmestre de Mons considère que les Grands Prés font partie du centre-ville ", glisse Jean-Luc Calonger.