On estime que 22 000 Européens meurent chaque année des conséquences du tabagisme passif: non-fumeurs eux-mêmes, ils ont respiré, des heures durant, les produits toxiques contenus dans la fumée de consommateurs de tabac. Or, depuis plusieurs années, plus personne n'en doute: pour les enfants (y compris les foetus), comme pour les adultes, la fumée des autres fait mal. "Les risques d'augmentation des pathologies cardio-vasculaires et de...

On estime que 22 000 Européens meurent chaque année des conséquences du tabagisme passif: non-fumeurs eux-mêmes, ils ont respiré, des heures durant, les produits toxiques contenus dans la fumée de consommateurs de tabac. Or, depuis plusieurs années, plus personne n'en doute: pour les enfants (y compris les foetus), comme pour les adultes, la fumée des autres fait mal. "Les risques d'augmentation des pathologies cardio-vasculaires et de cancers dus à une exposition chronique au tabac sont de 30 % plus élevés chez le non-fumeur exposé au tabac", rappelle le Dr Didier Vander Steichel, directeur scientifique à la Fédération belge contre le cancer. Face à un tel constat, il est dès lors logique que, cette année, la Ligue cardiologique belge et la Fédération contre le cancer se sont unies pour rappeler que "fumer nuit gravement à la santé d'autrui". "Notre message est clair, insiste le Dr Vander Steichel. La lutte contre le tabagisme ne se limite pas à informer. Encore faut-il y ajouter une politique d'envergure associant l'absence d'incitants à fumer (comme la publicité et le sponsoring, par exemple), des prix dissuasifs, une aide au sevrage et la réduction drastique des espaces tabac admis." Or, sur ce dernier point, la Belgique est loin du compte. En effet, sa législation, déjà plutôt timide, n'est pas vraiment appliquée: aucun contrôle, des procédures de recours totalement inconnues (et très lourdes) pour les éventuels plaignants, une situation très floue sur les lieux de travail... "Certes, tolérance, courtoisie et respect de la liberté individuelle sont des valeurs importantes, poursuit le médecin. Mais le respect de la santé d'autrui est-elle moins essentielle?" Aux Etats-Unis, où 60 % des lieux de travail et 50 % des restaurants sont devenus des espaces totalement sans tabac, et où des mesures légales interdisent la vente de cigarettes aux mineurs, le nombre de fumeurs adultes est passé de 29,1 %, en 1987, à 22,8 %, en 2000. Cette année-là, on comptait encore 31 % de fumeurs quotidiens dans notre pays. Se donne-t-on réellement les moyens de les aider à s'en sortir et/ou à épargner leurs voisins non-fumeurs? Cette journée sans tabac aura le mérite - au moins - de lancer la réflexion.P.G.