L'empowerment (ou autonomisation) est un mot à la mode mais un concept difficile à saisir. Il consiste à se prendre en charge, à prendre les choses en main... Dans le cas des soins de santé, l'empowerment du patient implique que celui-ci prend en charge sa propre santé. Il doit alors s'assurer qu'il est correctement informé sur sa maladie et son traitement, par exemple, afin de prendre les bonnes décisions le concernant. Il prend ainsi les commandes de sa santé, en concertation avec son médecin.

Edgard Eeckman, expert en communication dans le domaine de la santé, est favorable à cette autonomisation des patients. Selon lui, il est important de restaurer un équilibre, souvent biaisé, dans le rapport de pouvoir entre soignant et patient. Ce rapport de force reste à l'avantage du médecin, qui dispose des connaissances et des compétences pour soigner le malade, mais la relation doit reposer sur la concertation. Certes l'information est essentielle, mais elle n'implique pas la maîtrise des connaissances : l'autonomisation des patients va plus loin que la consultation de " Dr Google ". Il faut aussi être capable d'interpréter les données recueillies. On le voit avec les personnes atteintes d'un cancer : très enclines à collecter les informations sur le net, elles sont rapidement entraînées sur de mauvais chemins. Pour éviter les " fake news ", certains d'entre elles consultent alors des publications scientifiques, ce qui n'est pas sans risque. Imaginez : le moteur de recherche PubMed vous propose plus de 30 millions de publications médicales sur le cancer, rédigées en anglais dans un jargon scientifique.

Le nombre de publications scientifiques sur le cancer supprimées en raison d'erreurs a fortement augmenté ces dernières années.

Et même si l'on est capable de déchiffrer ces textes, on n'est pas à l'abri, comme l'a révélé le Fonds Anticancer (anticancerfund.org), une organisation belge à but non lucratif ayant un rayon d'action international. Elle a relevé ces dernières années une forte augmentation de retraits d'articles scientifiques sur le cancer après publication, en raison d'erreurs. En seulement dix ans, 1572 articles scientifiques incorrects ont été retirés, pour la plupart, en raison de tromperie. De plus il faut en moyenne trois ans avant que la " fraude " ne soit découverte. Les articles publiés ne peuvent pas être simplement retirés d'Internet (ils sont partagés, copiés, etc.) ; ils sont donc étiquetés " Retiré " : mieux vaut alors les ignorer d'emblée.

En cas de doute, discutez-en avec votre médecin.

Réagissez sur marleen.finoulst@bodytalk.be