A l'autre bout du monde, en plein été austral, le tennis vit son premier grand rendez-vous de l'année. Après la plus extraordinaire campagne de son histoire qu'a connue, en 2001, le tennis féminin belge, l'intérêt s'avère particulièrement vif chez nous. Dans la préparation à ce premier volet du grand chelem, Justine Henin a déjà atteint sa première finale de la saison, à Gold Coast, perdue contre Venus Williams. Kim Clijsters, pour sa part, a échoué en demi-finale, à Sydney, face à Martina Hingis, mais elle avait auparavant remporté, en deux manches, la première confrontation de l'année opposant nos deux championnes entre elles.
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A l'autre bout du monde, en plein été austral, le tennis vit son premier grand rendez-vous de l'année. Après la plus extraordinaire campagne de son histoire qu'a connue, en 2001, le tennis féminin belge, l'intérêt s'avère particulièrement vif chez nous. Dans la préparation à ce premier volet du grand chelem, Justine Henin a déjà atteint sa première finale de la saison, à Gold Coast, perdue contre Venus Williams. Kim Clijsters, pour sa part, a échoué en demi-finale, à Sydney, face à Martina Hingis, mais elle avait auparavant remporté, en deux manches, la première confrontation de l'année opposant nos deux championnes entre elles.En attendant, en Belgique, sous les frimas persistants de l'hiver, on en est toujours à faire le bilan de l'exceptionnelle épopée passée. A la fin de décembre dernier, l'AFT (Association francophone de tennis) avait enregistré une hausse des affliations de 3 % et l'aile néerlandophone de 5 %. Mais le véritable boom devrait se produire en avril prochain, à l'entame de la saison d'été. On s'y attend d'autant plus qu'à travers tout le pays les stages de tennis offerts durant les vacances d'hiver ont connu un très grand succès. Selon Frans Lemaire, secrétaire général de l'AFT, la hausse devrait alors franchir les 10 % par rapport à 2001. Le premier tournoi du grand chelem, en Australie, comporte, cette année, une innovation de taille. Désormais, en effet, en étant crédités d'un plus grand nombre de points mis en jeu, les quatre tournois de ce rang (Australian Open, Roland-Garros, Wimbledon et Flushing Meadow) influeront davantage sur le classement mondial qu'auparavant. Motif: la WTA (Women Tennis Association) a vu d'un mauvais oeil que, durant les deux dernières années, la n°1 au classement final de la WTA (Martina Hingis en 2000 et Lindsay Davenport en 2001) n'avait gagné aucun de ces super-tournois en cours de saison. Le constat s'est surtout avéré amer l'an dernier: Jennifer Capriati et Venus Williams, qui se sont partagé les victoires dans les quatre tournois principaux, ne terminent que 2e et 3e, précédées par leur compatriote Lindsay Davenport, qui n'a même pas accédé à l'une des quatre grandes finales. Certes, dans le cas des soeurs Venus et Serena Williams (classée 6e mondiale), cela n'est pas dû à un manque de points récoltés au cours de ces tournois majeurs, mais, essentiellement, à un trop petit nombre d'autres tournois joués au cours de la saison. Elles ont bel et bien, toutes les deux, participé aux championnats internationaux d'Australie, de France, de Grande-Bretagne et des Etats-Unis. Mais, en douze mois, l'aînée des Williams n'a disputé que 11 tournois en tout et Serena 10. A titre de comparaison, Kim Clijsters a participé, en 2001, à 21 compétitions et Justine Henin à 20. Soit carrément le double.Dans la foulée des grands champions noirs Désormais, les Williams veulent changer le cours des événements. Elles en ont marre, comme l'a déclaré Serena, à Munich, de se voir précédées au classement mondial par des joueuses qu'elles estiment moins fortes qu'elles. En l'appliquant fictivement aux résultats de l'année dernière, le nouveau barème de points aurait déjà accordé la première place à Venus Williams. A l'avenir, ce comptage favorisera, donc, très sensiblement les bonnes performances en grand chelem. Exemple: l'an dernier, une victoire et une place de finaliste rapportaient respectivement 520 et 364 points. Il y en aura 650 et 456 à gagner, dans le même cas, en 2002. Venus Williams a, cette fois, fait de l'accession à la première place dans la hiérarchie mondiale l'objectif principal de sa saison. Elle pourrait, dès lors, réaliser un rêve qui a paru longtemps inaccessible à la communauté noire des Etats-Unis: dans la foulée de Tiger Woods, qui a déjà mis le grappin sur le golf, le tennis, autre sport élitiste, posséderait alors également sa figure de proue de couleur. Jusqu'à présent, cette présence s'était surtout limitée à la boxe, au basket-ball ou à l'athlétisme, avec des champions légendaires comme Mohamed Ali, Earvin Magic Johnson, Michaël Jordan, Carl Lewis ou encore Michaël Johnson. Black est beautiful. E.C.