"Rien n'est absolu. Tout change, tout bouge, tout tourne, tout vole et s'en va." En écrivant ces deux phrases restées célèbres, Frida Kahlo (1907 - 1954) n'avait pas conscience qu'un jour son oeuvre transpercée serait fixée dans le marbre d'une somme co- signée par Luis-Martín Lozano, Andrea Kettenmann et Marina Vázquez Ramos. Ce trio vient de publier ce qui est sans nul do...

"Rien n'est absolu. Tout change, tout bouge, tout tourne, tout vole et s'en va." En écrivant ces deux phrases restées célèbres, Frida Kahlo (1907 - 1954) n'avait pas conscience qu'un jour son oeuvre transpercée serait fixée dans le marbre d'une somme co- signée par Luis-Martín Lozano, Andrea Kettenmann et Marina Vázquez Ramos. Ce trio vient de publier ce qui est sans nul doute l' étude la plus complète à ce jour des peintures de l'artiste mexicaine, épatant arrêt sur image qui se feuillette comme la bible d'une esthétique libre, sincère et engagée. Un livre plus que nécessaire pour qui veut comprendre un univers artistique forgé à même les élans vitaux d'une nation ayant compris comme nulle autre que c'est en la frottant à ce qui la nie que l'existence prend toute sa valeur. Fort heureusement Frida Kahlo. Tout l'oeuvre peint ne s'adresse pas qu'au seul cerveau. A travers une abondance de reproductions, parfois agrandies par rapport à leurs dimensions originales, c'est au nerf optique que s'en prend la publication. On plonge littéralement dans des autoportraits et autres natures mortes à l'expressivité exacerbée. Le tout pour une immersion dont on ne sort pas totalement indemne. Le résultat est d'autant plus opérant que les auteurs ont fourni un véritable travail d'enquête, exhumant ainsi des toiles issues de collections privées, d'autres que l'on croyait perdues ou des chefs-d'oeuvre n'ayant pas été exposés depuis plus de quatre-vingts ans. Des documents, des objets - entre autres ses célèbres corsets peints à la main - et des photographies de l'époque complètent le portrait élargi de ce talent disparu en pleine maturité créative qui, à l' aube de sa carrière, confessait: "J'ai une raison de vivre. Cette raison, c'est la peinture."