Provocateur, Pascal Smet ? Sans doute. Le ministre SP.A veut faire les choses en grand et agir vite. Dans son foisonnement d'annonces, quelquefois pertinentes, il n'évite pas les couacs, les provocations verbales, ne prend guère le temps de se concerter. Ou quand il le fait, il arrive trop tard. Recalé, en septembre, quand il avait annoncé vouloir faire de l'anglais la deuxième langue enseignée dans les écoles du Nord - tout le monde lui était littéralement tombé dessus - Pascal Smet défend aujourd'hui un nouveau projet. Il souhaite, " dans un souci d'égalités des chances, des heures de soutien linguistique ...

Provocateur, Pascal Smet ? Sans doute. Le ministre SP.A veut faire les choses en grand et agir vite. Dans son foisonnement d'annonces, quelquefois pertinentes, il n'évite pas les couacs, les provocations verbales, ne prend guère le temps de se concerter. Ou quand il le fait, il arrive trop tard. Recalé, en septembre, quand il avait annoncé vouloir faire de l'anglais la deuxième langue enseignée dans les écoles du Nord - tout le monde lui était littéralement tombé dessus - Pascal Smet défend aujourd'hui un nouveau projet. Il souhaite, " dans un souci d'égalités des chances, des heures de soutien linguistique supplémentaires et obligatoires pour les élèves en difficulté ". Concrètement, dès l'école primaire, les allophones qui ne maîtrisent pas suffisamment la langue auraient des heures de néerlandais en plus par semaine, le mercredi après-midi et le samedi matin. Ce qui alourdit l'emploi du temps des élèves, mais aussi celui des enseignants. L'idée est écrite noir sur blanc dans sa note de politique de la jeunesse. Sa présentation, la semaine dernière au parlement flamand, a immédiatement suscité la polémique. Pour les syndicats enseignants, ce n'est pas la solution pour venir à bout des difficultés scolaires. Ils lui préfèrent l'apprentissage du néerlandais durant les loisirs... Ils craignent en particulier de décourager les écoliers en chargeant trop leur horaire. Un syndicaliste note, mi-blasé, mi-agacé : " En tout cas, nous n'avons pas attendu Pascal Smet pour offrir des heures de remédiation. " Un soutien, affirme le ministre, dispensé durant le temps scolaire et qui empiète sur d'autres leçons. Et qui, martèle Smet, se limite à une heure durant la pause déjeuner. Insuffisant ! Pascal Smet a-t-il tout faux ? Pour appuyer ses dires, il note ces chiffres dans un document officiel : dans le primaire, 15,5 % des élèves ont un retard scolaire d'au moins un an. Chez les allophones, ce taux grimpe à 40,8 %. Un autre chiffre encore : en secondaire, si 29,3 % des jeunes ont un retard scolaire, chez les allophones, le pourcentage atteint 68,7 %. La preuve que la " remédiation " n'a pas vraiment lieu et qu'une fois loupés les apprentissages de base, l'école a toutes les peines pour réussir le rattrapage. Ces élèves poursuivent alors une scolarité chaotique au secondaire, avant de sortir du système sans diplôme. " Je n'ai pas dit que tous les enseignants allaient devoir rester tous les mercredis après-midi et les samedis matin. Mais il faut prendre ses responsabilités ", insiste-t-il. Y aura-t-il des volontaires ? Comment faire tourner la machine en période de vaches maigres ? L'Open VLD, lui, dénonce un effet d'annonce, qui ne prend pas en compte le problème de la pénurie d'enseignants à Bruxelles et à Anvers, où ce problème est le plus aigu encore. Mais, sur le fond, pas de critiques. En Flandre, l'intégration passe essentiellement par la langue. On améliore sans cesse l'offre d'apprentissage du néerlandais à tous les niveaux, pour les parents comme pour les enfants. Quitte à ce que les profs fassent de bon gré des heures sup. SORAYA GHALIDans le primaire, 40% des enfants allophones ont un retard d'au moins un an