Le journaliste et écrivain David Angevin a engagé le pari culotté d'entrer dans la peau de Sarkozy, ou plutôt de l'avaler à sa façon, au fil d'un roman " autobiographique " où s'exprime " cette boule d'énergie qui s'agite dans tous les sens, mais qui a souvent raison sur le fond ". Soyons clair, il ne s'agit donc pas d'un tir aux pipes, mais bien d'une sorte de défi que l'auteur - qui " aime bien le nouveau président " - adresse plutôt aux anti-Sarko en mettant le Nicolas tout nu, pour que cette image insolente leur ...

Le journaliste et écrivain David Angevin a engagé le pari culotté d'entrer dans la peau de Sarkozy, ou plutôt de l'avaler à sa façon, au fil d'un roman " autobiographique " où s'exprime " cette boule d'énergie qui s'agite dans tous les sens, mais qui a souvent raison sur le fond ". Soyons clair, il ne s'agit donc pas d'un tir aux pipes, mais bien d'une sorte de défi que l'auteur - qui " aime bien le nouveau président " - adresse plutôt aux anti-Sarko en mettant le Nicolas tout nu, pour que cette image insolente leur dise combien celui-ci les emmerde. L'entreprise est à la fois provocante, ambiguë et risquée, mais finalement payante, quelles que soient les réactions de l'intéressé. Si toutefois il fait une exception à ses habitudes et consent à passer outre au peu de goût qu'il aurait pour la lecture. Cela dit, on s'amuse bien et, cette fois, le tir aux pipes est bien là. Mais le tireur, c'est Sarko. Avec une arme tournée la plupart du temps vers son entourage où pullulent les connards, les faux jetons, les lèche-cul et les incapables. Sans oublier son prédécesseur - " le Grand " - qu'il traite comme une chiffe molle, virtuose de la langue de bois. Quant au conseil des ministres, soporifique et inutile, il ne serait agrémenté que par les gamineries de Kouchner. On découvre tout sur les goûts présidentiels supposés. Sa sainte horreur du rap, comme sa détestation des guitaristes à cheveux longs qui tournent autour de Carla. Ses ambitions secrètes, aussi, comme de faire de la famille Sarkozy une sorte de dynastie présidentielle. Quant à Carla, on apprend qu'elle adore parler en faisant l'amour et que rien ne l'excite autant que les parties de jambes en l'air, en pleine circulation, dans une limousine aux vitres teintées. Bien entendu, les nombreux voyages diplomatiques tiennent aussi une place importante et pittoresque, tout comme les rapports d'amitié de Nicolas avec Air Fuck One, alias Clinton, le grand baiseur d'hôtesses en altitude. N'empêche, transparaît sous ces supputations cavalières retranchées derrière la mention " roman " la réalité d'un personnage qui, selon le Grand, ne devait son élection qu'à son charisme : " Si tu avais été de gauche, tu aurais fait exactement la même carrière. " Reste donc à savoir si ce livre sarkophage vaudra à son auteur l'avantage d'un dîner au Fouquet's entre gais lurons ou celui d'un " casse-toi, sale con ! " assorti de l'inévitable roulement d'épaules. Celui qui donne à Sarko l'air de vouloir se débarrasser d'un cintre oublié par Carla dans son beau costume. Dans la peau de Nicolas, par David Angevin. Le Serpent à Plumes, 190 p.