S'il est un segment particulier du marché immobilier, c'est bien celui des terrains à bâtir. Il ne suit pas toujours les mêmes tendances que l'immobilier bâti, pour la raison essentielle qu'il ne répond pas aux mêmes aspirations : quand on achète un appartement ou une maison, c'est pour l'occuper, ou la faire occuper ; quand on achète un terrain, ce n'est pas toujours pour y ériger un bien. Beaucoup d'acheteurs font là un investissement.
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S'il est un segment particulier du marché immobilier, c'est bien celui des terrains à bâtir. Il ne suit pas toujours les mêmes tendances que l'immobilier bâti, pour la raison essentielle qu'il ne répond pas aux mêmes aspirations : quand on achète un appartement ou une maison, c'est pour l'occuper, ou la faire occuper ; quand on achète un terrain, ce n'est pas toujours pour y ériger un bien. Beaucoup d'acheteurs font là un investissement. Et cela fausse beaucoup de choses puisque l'offre est, de ce fait, bien plus réduite que les abords des rues ne le montrent. C'est encore plus frappant en Flandre où la pratique est plus courante qu'en Wallonie. Au premier semestre 2010, le prix des terrains a une nouvelle fois augmenté. Il est passé, en moyenne sur l'ensemble du territoire belge, de 90,50 euros/m2 au 1er semestre 2009 à 103,60 euros/m2. Soit un nouveau bond de 14,4 %. Mais cette hausse est tronquée par l'évolution récente des prix des terrains à Bruxelles qui ont baissé de 22 % entre 2008 et 2009 pour mieux exploser entre 2009 et 2010 : + 56,8 %. En Flandre, au cours du 1er semestre 2010, ils n'ont grimpé que de 5,4 % (à 153,8 euros/m2), après une augmentation de 8,4 % entre 2008 et 2009. En Wallonie, la hausse est plus importante cette année (+11 %) que l'an passé (+6,3 %), pour atteindre le prix moyen de 47,60 euros/m2. Quant aux prix de la construction, ils tournent autour des 1 100 euros/m2, TVA incluse, terrain non compris (soit 275 000 euros pour une maison de 250 m2) et de 650 euros/m2 pour un gros £uvre fermé (soit 162 500 euros). " Des prix inférieurs à ce qu'ils étaient avant la crise ", précise Jean-Pierre Liebaert, le spécialiste des statistiques à la Confédération Construction. " Ce ne sont pas des prix moyens, ajoute-t-il, mais plutôt des prix indicatifs, qui peuvent varier en fonction du degré de finition et des matériaux employés " (1). Voilà pour les moyennes. Sur le terrain, qu'en est-il ? " Il y a une distinction à établir entre les terrains à bâtir, nombreux, et les terrains... à vendre, rares ", confirme Jean-Pierre Liebaert. D'où le succès du clés sur portes. " Le processus traditionnel qui veut qu'on trouve un terrain, qu'on choisisse alors un architecte puis un entrepreneur se perd. Parce que cela prend moins de temps d'acheter quelque chose de " préparé ", mais aussi parce que les entrepreneurs sont à la tête d'un patrimoine de terrains et proposent de les vendre si on fait appel à leurs services. "Quand les prix de l'immobilier existant ont explosé, la construction neuve s'est faite plus avantageuse. Mais maintenant qu'ils ont reculé, à tout le moins stagné, qu'en est-il ? En d'autres mots, pourquoi construire plutôt qu'acheter et rénover ? " Il faut comparer ce qui est comparable, explique Jean-Pierre Liebaert. Si le neuf s'avère plus cher au départ, il peut l'être moins à l'arrivée. Celui qui construit peut se dire qu'il ne devra rien faire pendant les 15 à 20 prochaines années. Tandis que, dans l'ancien, il y a toujours des surprises (un toit, une chaudière...). Par ailleurs, en neuf, il a un logement qui répond d'office aux standards actuels, en particulier en matière d'économies d'énergie, avec incitants divers pour dépasser ces standards. Or adapter un logement ancien aux standards actuels coûte cher. Si le prix de l'énergie augmente, l'économie de départ partira dans la chaudière. "(1) Si ce montant n'est en rien comparable aux prix des promotions d'appartements neufs qui s'établissent en moyenne entre 1 700 à 2 000 euros/mètres carrés (voir par ailleurs), c'est que dans des immeubles il y a beaucoup de m2 non habitables (couloirs, escaliers, caves...), et que la quotité terrain est comprise.C.M.