On doit au directeur du BPS22 une exposition consacrée à Ruptz, un collectif namurois de la fin des années 1970, culte pour sa revue Soldes. Fins de séries. Passionnant, ce propos, sous-titré "Des fous qui seront des classiques", relève de l'archéologie contemporaine dans la mesure où, convaincu que "le passé n'a plus à être partagé", ce trio d'artistes n'a pas accordé d'importance à la perpétuation de son oeuvre.
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On doit au directeur du BPS22 une exposition consacrée à Ruptz, un collectif namurois de la fin des années 1970, culte pour sa revue Soldes. Fins de séries. Passionnant, ce propos, sous-titré "Des fous qui seront des classiques", relève de l'archéologie contemporaine dans la mesure où, convaincu que "le passé n'a plus à être partagé", ce trio d'artistes n'a pas accordé d'importance à la perpétuation de son oeuvre. Qui est Ruptz? C'est un groupe d'artistes actif entre 1975 et 1977. Cette cellule était composée de Marc Borgers, Jean-Louis Sbille et Anne Frère. Ensemble, ils ont ressenti le besoin de créer en marge du système de l'art et de vivre intensément leur pratique. Leurs actions ont été totalement avant-gardistes dans le domaine de la vidéo, du body art et de l'esthétique relationnelle. Ils ont fait ça avec sincérité et ont compris la nécessité d'arrêter quand le feu sacré n'était plus là. Pourquoi vous y être intéressé? Le rôle d'un musée de province comme le nôtre est de contribuer à une écriture de l'histoire artistique en rappelant d'autres récits à côté des formes de l'art international. Notre mission consiste à montrer les réactions locales qui sont tout aussi pertinentes. Les questions que pose Ruptz sur les liens entre corps humain et télécommunications sont essentielles. Se demander, par exemple, si la technologie permet d'acquérir une nouvelle sensibilité planétaire est d'une totale acuité après un an de confinement. Peut-on vivre uniquement de vidéoconférences, oui ou non? Y a-t-il une oeuvre particulièrement emblématique? J'aime beaucoup leur dernière performance, Inexistemps. Après avoir pris acte de la modification de l'espace et du temps qu'offre la technologie, notamment à travers l'enregistrement vidéo, Borgers et Sbille décident de rééprouver ces deux dimensions dans leur corps. Sbille rejoint Liège à pied en partant de Namur, pour endurer l'espace physiquement, et, pendant ce temps-là, Borgers note le temps toutes les 30 secondes. L'expérience révèle qu'ils sont d'abord des êtres de chair. Plus de quarante ans ont passé et, la pandémie le rappelle en permanence, rien n'a changé.