Dans cette série ou elle explore toute la difficulté d'être une femme au xxie siècle, Phoebe Waller-Bridge extrait des gemmes de douleurs, de chaos, d'humour et d'excitation des tréfonds de son expérience et de ses obser...

Dans cette série ou elle explore toute la difficulté d'être une femme au xxie siècle, Phoebe Waller-Bridge extrait des gemmes de douleurs, de chaos, d'humour et d'excitation des tréfonds de son expérience et de ses observations. Plus que des gags et des blagues irrésistibles, ce sont des diamants bruts qui éclatent de ces situations banales, où l'auteure et actrice s'empare de son corps pour révéler les assignations sociales et une sexualité féminine imbibée de violence. Violence symbolique, violence acceptée ou retournée contre soi, violence des échanges en milieu familial. Même si son humour est jouissif, il y a quelque chose d'autodestructeur, de subtilement non dit dans cette première saison, et la raison ne nous en est livrée qu'au dernier moment, laissant place à une immense et émouvante catharsis. Celle qui a clôturé la seconde saison de Fleabag n'est pas près de quitter notre mémoire. Car au travers de son opération de démolition des carcans de genre, Phoebe Waller-Bridge a livré une fable merveilleusement iconoclaste, réaliste et tendre sur l'art difficile de l'amour de soi.