Philippe peut " réunionner " en toute tranquillité. Bilderberg, ça vole haut. Bien au-dessus de la tête des représentants de la Nation.
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Philippe peut " réunionner " en toute tranquillité. Bilderberg, ça vole haut. Bien au-dessus de la tête des représentants de la Nation. Parlementaires parfaitement indifférents. Les chiens de garde de la démocratie ont pourtant pour habitude d'accumuler les questions les plus incisives sur tous les sujets possibles et imaginables. Toujours prompts à interpeller les ministres sur tout. Et même parfois sur n'importe quoi. Même les républicains flamingants, réputés les plus acharnés à tout ce qui peut nuire ou perdre la monarchie, ne s'emparent jamais de ce sujet. Ils veulent tout savoir sur les faits et gestes de la famille royale au grand complet, ils exigent toute la clarté sur le train de vie et les moindres dépenses de la Cour. Mais Philippe de Belgique en immersion au Bilderberg : ce n'est pas le rayon des nationalistes flamands de droite. En vingt ans d'activité parlementaire, la présence princière à ce club très sélect n'aura mis la puce à l'oreille qu'à deux sénateurs. Tous deux de la gauche flamande. L'ex-VU Bert Anciaux (SP.A) est le dernier en date à être récemment venu aux nouvelles auprès de l'actuel gouvernement : " Les conférences de Bilderberg sont controversées. Les critiques reprochent à ce groupe d'élaborer des décisions hors du cadre démocratique. Certains craignent une dérive vers une dictature mondiale. Sans aller jusque-là, j'ai des doutes quant à l'influence exacte de ces élites politiques, économiques et financières. Que Philippe de Belgique ne doive pas demander la permission pour s'affilier à un club de foot ou de golf : soit. Mais Bilderberg, c'est autre chose : c'est plus qu'une sphère privée. Il n'est pas normal de ne pas avoir d'infos à ce sujet. "Ministres les yeux fermés. Le Premier ministre s'est fait un devoir de satisfaire la curiosité du sénateur socialiste flamand. Avec la meilleure volonté du monde, Elio Di Rupo (PS) s'est jeté à l'eau. Qu'on en juge. Philippe au Bilderberg, l'affaire relève-t-elle du secret d'Etat ? " Je ne suis pas en mesure de répondre à cette question qui ne ressort pas de mes compétences. " Que sait alors au juste le Premier ministre, du groupe de Bilderberg et de ses réunions ? " Je n'ai pas d'information spécifique sur le groupe Bilderberg, en dehors de ce que la presse ou les médias peuvent en dire. " Fort bien : mais au moins la chose est-elle évoquée au sein du gouvernement, ou avec le chef de l'Etat ? " Je n'ai pas d'information à ce propos. Ce dont je discute avec le chef de l'Etat relève du colloque singulier. "Voilà Bert Anciaux bien avancé : " Notez, il y a déjà progrès. Yves Leterme, le prédécesseur d'Elio Di Rupo, ne m'avait jamais répondu. "Un autre Premier ministre, Guy Verhofstadt (Open VLD), s'était chargé de baliser le terrain, à l'intention du sénateur Geert Lambert (Spirit) : en l'absence de disposition constitutionnelle, le roi excepté, " il n'y a aucune obligation formelle pour les autres membres de la famille royale de soumettre préalablement à un membre du gouvernement fédéral, y compris moi-même, sa participation ou sa contribution à un événement où, en l'espèce, le prince Philippe était invité personnellement. "Cela, c'était en 2007. Bien avant qu'un certain Laurent ne fasse des siennes. Philippe n'est pas Laurent. Le turbulent cadet de la famille royale est désormais tenu à l'£il. Ses fréquentations controversées au Congo, sa diplomatie parallèle dans le dossier libyen lui valent d'être placé sous monitoring gouvernemental. Plus question pour le prince Laurent de se déplacer à l'étranger, sans la permission expresse du ministre des Affaires étrangères. Y compris pour ses voyages privés, pour peu qu'il y ait des contacts avec des personnalités politiques. Rentré dans le rang, Laurent a ainsi humblement demandé et obtenu de pouvoir assister, à ses frais, au sommet de l'ONU sur le développement durable qui se tient à Rio. Les parlementaires ont applaudi des deux mains à ce code de bonne conduite. Après tout, un prince de Belgique a des droits et des devoirs. Et notamment un devoir de réserve dans les actes qu'il pose. Comme l'observait, dans un éclair de lucidité, le député Laurent Devin (PS) : " En tant que prince de Belgique, aucun de ses déplacements et de ses actes n'est jamais entièrement privé. Il y a toujours quelque part une dimension politique, du moins aux yeux de ses interlocuteurs. "Bien vu. Ce qui saute aux yeux pour Laurent ne vaut pourtant pas pour le prince Philippe, même quand il se mêle au brassage entre politique et business. " Rien à voir entre les deux situations ", soutient-on tous azimuts, y compris au cabinet du Premier ministre. Sans autre forme d'argumentation. " Aucune comparaison n'est possible, abonde Etienne Davignon, sollicité par Le Vif/L'Express. Le problème de Laurent était qu'il faisait du bilatéral. Ce qui n'est pas le cas du prince Philippe au Bilderberg. " Où, c'est bien connu : tout discret tête-à-tête est impossible... P.HXEn vingt ans, la présence princière au Bilderberg n'aura mis la puce à l'oreille qu'à deux sénateurs