Les coyotes peuvent être tués à coups de pelle, mais pas le chagrin, ni l'incompréhension après la disparition d'un enfant. Ainsi, la mère d'une fillette se retrouve à ressasser la même histoire à la police ou aux journalistes : " On l'a...

Les coyotes peuvent être tués à coups de pelle, mais pas le chagrin, ni l'incompréhension après la disparition d'un enfant. Ainsi, la mère d'une fillette se retrouve à ressasser la même histoire à la police ou aux journalistes : " On l'a mise au lit et, quand on s'est réveillés, elle n'était plus là. " Comment cette gamine, dont on apprendra au détour d'une phrase qu'elle s'appelle Delilah, a-t-elle pu se volatiliser ? Les parents, qui vivent dans une malheureuse bicoque comme il y en a tant dans l'Amérique profonde, vont chercher à comprendre. Et, lorsqu'ils ne se battent pas, tous deux vont écumer les talk-shows, à travers lesquels ils vont se sentir exister. Jusqu'à devenir accros. L'enquête du détective, surnommé Mike Machin, permettra-t-elle de connaître la vérité ? Petit bijou noir d'une centaine de pages, Coyote, de l'Américain Colin Winnette, décrit magnifiquement la folie d'un couple - celle d'une femme, en particulier. Ses brefs chapitres (de quelques pages, voire de quelques mots !) claquent, dans une narration éclatée et elliptique d'une stupéfiante efficacité. Coyote par Colin Winnette, trad. de l'anglais (Etats-Unis) par Sarah Gurcel. Denoël, 120 p. B. L.