Dans l'accord du 9 octobre 2014 traçant les lignes directrices de l'action gouvernementale pour les cinq années à venir, le gouvernement Michel s'était engagé à " porter progressivement les prestations minimales de sécurité sociale et l'aide sociale au niveau du seuil de pauvreté européen ". Parce que " cela coûterait 1,14 milliard " selon le ministre de l'Économie, cet engagement n'a pas été tenu et ne le sera évidemment pas, ce qui signifie concrètement qu'aujourd'hui, non pas les minima, mais les maxima d'allocations sociales, telles que l'allocation de remplacement de revenus et l'allocation d'intégration, sont toujours largement inférieurs au seuil de pauvreté (actuellement de 1 115 euros par mois pour un isolé) et que le montant de la pension d'environ un quart des pensionnés n'atteint pas celui-ci. L'allocation de remplacement de revenus maximale octroyée par mois à un handicapé habitant seul est, par exemple, inférieure de 204 euros au seuil de pauvreté. Il s'ensuit qu'il lui est impossible de subsister sans l'aide de sa famille ou d'une tierce personne. Mais ce n'est pas tout. La situation de ce handicapé ne cesse d'empirer du fait de la hausse constante du prix des produits et services de première nécessité : [...] hausse moyenne de 13 % du prix des services postaux ; hausse (constatée personnellement) de 21 %, entre début 2017 et 2019, du prix du même assortiment de produits de consommation courante achetés dans le même supermarché ; hausses de taxes à prévoir pour fin 2019-2020 à cause du déficit budgétaire de 7,7 milliards laissé par le gouvernement Michel, etc. Bien sûr, les prestations sociales sont indexées, mais après les joyeux tripotages de l'indice des prix par les gouvernements successifs, celui-ci est bien loin de refléter l'augmentation réelle du coût de la vie. Dans ces conditions, la seule voie de salut que peut encore emprunter l'allocataire social esseulé consiste à demander l'aumône aux partis politiques, qui recevront ensemble 30 954 000 euros d'argent public en 2019.