Le plus optimiste des supporters de Donald Trump n'aurait pas osé imaginer scénario plus favorable à son poulain que celui que lui ont offert les démocrates, lors du lancement des primaires dans l'Iowa et au Sénat.
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Le plus optimiste des supporters de Donald Trump n'aurait pas osé imaginer scénario plus favorable à son poulain que celui que lui ont offert les démocrates, lors du lancement des primaires dans l'Iowa et au Sénat. Le procès en destitution ouvert devant la chambre haute du Congrès le 16 janvier dernier devait connaître son terme le mercredi 5 février avec l'acquittement du président. La dimension politique du vote n'élude pas le dysfonctionnement grave pour la démocratie américaine qu'a révélé l'intervention de Donald Trump auprès de son homologue urkrainien Volodymyr Zelensky à des fins électoralistes. Mais le déroulement du procès n'a pas le moins du monde infléchi son issue, c'était attendu, et n'a aucunement mis en difficulté le prévenu, ce l'était moins. La fin de non-recevoir opposée par les sénateurs à l'audition de témoins a empêché le règlement de comptes, espéré par les démocrates, entre la défense de Trump et son ancien conseiller à la Sécurité nationale John Bolton. Celui-ci a tout de même prévu un grand déballage à la faveur de la sortie de son livre The Room Where It Happened (Simon & Schuster, 528 p.) prévue le 17 mars. Mais l'équipe du président tente de l'empêcher en arguant de violations du secret défense. L'échec des démocrates au Sénat se conjugue au fiasco de l'entame de leur processus électoral. Dans l'Iowa où se déroulait le caucus inaugurant le cycle de leurs élections primaires devant désigner leur candidat à la présidentielle, l'élan des démocrates s'est brisé sur trois réalités. Le taux de participation a été relativement faible (autour des 15 % comme en 2016 mais loin du chiffre de 2008 lors de la première élection d'Obama) témoignant de l'enthousiasme jusqu'à présent très relatif qu'inspirent les candidats. La comptabilisation des voix a connu un énorme retard non pas en raison du caractère archaïque du vote mais à cause des problèmes informatiques qui ont accompagné la première utilisation de l'application devant le professionnaliser. Enfin, la relégation du jusqu'alors favori Joe Biden à une place d'outsider en péril, voire de perdant pathétique, a brouillé un peu plus encore la lisibilité de la campagne démocrate. Le seul candidat démocrate qui ne peut aucunement être associé à ce fiasco parce qu'il a décidé d'attendre le Super Mardi du 3 mars pour engranger ses premiers délégués, le milliardaire Michael Bloomberg, pourra-t-il en tirer profit ? Si le diagnostic pour Joe Biden devait se confirmer, il démontrerait que dans l'affaire ukrainienne, le soupçon instillé sur de possibles malversations du fils de l'ancien vice-président l'aurait en définitive plus affecté que celui qui a indûment profité de sa fonction pour l'ériger en vérité alternative. On n'en est qu'aux prémices de la course à la présidence. Mais à observer les qualificatifs grotesques et méprisants qu'il utilise pour désigner ses adversaires, on peut déjà dire que Donald Trump a abaissé le niveau de la campagne à celui du caniveau.