On le devine atteint. Pascal Smet (SP.A), ministre bruxellois de la Mobilité pour quelques jours encore, sourit tristement. Depuis son cabinet, au 14e étage d'une tour dressée au bord du parc du Botanique, il observe la ville qui fourmille à ses pieds. " Magnifique, cette vue... Elle va me manquer ", soupire-t-il. Pascal Smet n'a pas encore bouclé ses valises, mais il est en partance. Déjà ailleurs. Déjà buiten. La majorité flamande en Région bruxelloise se fera sans les socialistes, donc sans lui. Les libéraux de l'Open VLD, les chrétiens-démocrates du CD&V et les écologistes de Gro...

On le devine atteint. Pascal Smet (SP.A), ministre bruxellois de la Mobilité pour quelques jours encore, sourit tristement. Depuis son cabinet, au 14e étage d'une tour dressée au bord du parc du Botanique, il observe la ville qui fourmille à ses pieds. " Magnifique, cette vue... Elle va me manquer ", soupire-t-il. Pascal Smet n'a pas encore bouclé ses valises, mais il est en partance. Déjà ailleurs. Déjà buiten. La majorité flamande en Région bruxelloise se fera sans les socialistes, donc sans lui. Les libéraux de l'Open VLD, les chrétiens-démocrates du CD&V et les écologistes de Groen ! ont commencé à négocier. Pascal Smet fait mine d'espérer un ultime retournement. " Tant qu'il n'y a pas d'accord de gouvernement, tout reste possible ", dit-il. Au fond de lui, pourtant, il devine que la bataille est perdue. > Pascal Smet : Les programmes de Groen ! et du SP.A sont à 95 % les mêmes. Et ces partis viennent de progresser tous les deux. A Bruxelles, la principale tendance du côté néerlandophone, c'est la montée de la gauche. Sur les 17 députés flamands du parlement bruxellois, on dénombre désormais 6 progressistes, contre 4 auparavant. Le plus logique était donc de former une coalition de centre-gauche. Surtout qu'au gouvernement bruxellois, ces cinq dernières années, j'étais le meilleur allié d'Ecolo. Je ne comprends pas l'attitude de Groen !. > C'est leur droit, mais alors, ils ne devaient pas nouer d'accord avec nous. > Ensemble dedans, ensemble dehors. Soit nous montions tous les deux au gouvernement, soit nous allions tous les deux dans l'opposition. En tout cas, personne ne commençait à négocier sans avoir consulté l'autre. Ces cinq dernières années, au gouvernement, j'ai parfois dû me battre pour défendre mon point de vue. Mais ici, c'est différent : j'ai été trahi par ceux que je considérais comme des amis politiques. Humainement, ça me touche dans toutes mes veines (sic). > Cela me choque d'autant plus que, pour la première fois, le Vlaams Belang a perdu son pouvoir de blocage à Bruxelles. Avant, pour former une majorité sans l'extrême droite, les partis démocratiques néerlandophones étaient obligés d'entrer tous ensemble au gouvernement. La donne a changé : à présent, il est possible de former une coalition similaire dans les deux groupes linguistiques. Soit libéraux, démocrates-chrétiens et écologistes. Soit socialistes, démocrates-chrétiens et écologistes. Le CD&V, l'Open VLD et Groen ! n'ont pas agi dans un esprit bruxellois. > Ah moi, je voudrais bien ! Cela permettrait de composer les gouvernements sur la base d'un projet de ville, et non plus en plaquant côte à côte deux visions unilingues de Bruxelles. Et cela n'empêche pas de trouver des mécanismes pour garantir une représentation des néerlandophones. On pourrait imaginer que le troisième candidat effectif soit obligatoirement d'un autre rôle linguistique que les deux premiers. Ce n'est qu'une idée parmi d'autres. On pourrait aussi exiger que chaque liste comporte un nombre minimum de candidats issus d'un groupe linguistique différent. ENTRETIEN : FRANÇOIS BRABANT