On l'a souvent dit agonisant. Prétendu mort. Le rock reprend pourtant tout doucement des couleurs. Chez ces pâlots d'Anglais tout du moins. La faute au Brexit, à Theresa May ? Il semble même s'être retrouvé une conscience sociale. Preuves vivantes que les g...

On l'a souvent dit agonisant. Prétendu mort. Le rock reprend pourtant tout doucement des couleurs. Chez ces pâlots d'Anglais tout du moins. La faute au Brexit, à Theresa May ? Il semble même s'être retrouvé une conscience sociale. Preuves vivantes que les guitares parlent encore aux jeunes, les Londoniens de Shame et leurs voisines de Goat Girl ont sorti en 2018 des premiers albums remarquables et remarqués. Les deux groupes incarnent la nouvelle génération du rock britannique et sont les fers de lance de son épicentre. Vieux rade de Brixton, ancien repaire de bikers, qui accueillait durant les années 1990 des soirées drum and bass, le Windmill est devenu le point de ralliement d'une jeunesse qui aime l'électricité et cherche à se faire entendre. Un mouvement qui a émergé en réaction au mainstream, qui l'ouvre sur des questions de société et qui n'hésite pas à défendre le travailliste Jeremy Corbyn. Moins jeunes (un de leurs guitaristes est dentiste) mais plus engagés et enragés encore, les punks d'Idles ont eux aussi cette année frappé un grand coup avec leur deuxième album Joy as an Act of Resistance. Originaires de Bristol, jadis capitale du trip-hop, les énervés s'attaquent à des sujets comme la masculinité toxique, l'immigration et le Brexit... Tout n'est pas perdu.