Il a bluffé son monde le 19 décembre dernier. Willy Borsus, président de la fédération du MR en province de Namur et bourgmestre de Somme-Leuze, s'en ira donc briguer des voix dans l'arrondissement d'Arlon-Marche-Bastogne pour les élections régionales. Point par point, le chef de groupe des libéraux au parlement wallon fustige les errements de l'olivier, quitte à se mettre à dos les partenaires potentiels de coalition.
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Il a bluffé son monde le 19 décembre dernier. Willy Borsus, président de la fédération du MR en province de Namur et bourgmestre de Somme-Leuze, s'en ira donc briguer des voix dans l'arrondissement d'Arlon-Marche-Bastogne pour les élections régionales. Point par point, le chef de groupe des libéraux au parlement wallon fustige les errements de l'olivier, quitte à se mettre à dos les partenaires potentiels de coalition. Willy Borsus : On assiste à un passage de générations au Luxembourg. D'une part, le MR s'appuie sur des gens qui ont joué un rôle important, bien au-delà de la province. Et d'autre part, nous avons toute une série de personnalités émergentes. Ma présence permet de faire la jonction entre le travail des uns et le travail des autres. " Echapper " n'est pas le terme que j'utiliserais. Tout comme à Somme-Leuze, ma décision permet plutôt à mes compagnons de la première heure de la province de reprendre le flambeau. Il reste encore du temps avant 2018. Mais quand j'évoquais un établissement au nord du Luxembourg, c'est très clairement à Marche-en-Famenne que je pensais, dans un avenir... à convenir. Que nos régions, plus que jamais, ont besoin de voix fortes. Ce qui signifie, si possible, une présence du MR à la table du gouvernement wallon. Or, beaucoup de choses vont s'y décider avec le transfert des compétences. Personne ne l'est. Mais, bien évidemment, je suis disponible pour cette mission. Un changement est absolument indispensable. Je n'ai pas envie que notre région soit présentée, pour des mois encore, comme à la traîne, incapable de saisir les opportunités... J'ai relevé neuf points qui attestent, très clairement, des échecs de l'olivier. Un : on se retrouve avec une dette de 11,2 milliards d'euros. C'est une hypothèque terrible pour l'avenir de la Wallonie. Deux : l'emploi. Il y a 265 000 demandeurs d'emploi inoccupés. Dans certaines régions, c'est un jeune sur trois, parfois un sur deux. Trois : le dossier de l'énergie. Le prix de l'énergie a explosé en Wallonie et l'on ignore toujours comment gérer la dette des certificats verts. Quatre : la facilité taxatoire. Le dernier exemple en date, c'est l'augmentation des droits d'enregistrement. Dix mille ménages vont payer entre 2 000 et 3 000 euros en plus lors de l'achat de leur maison. Effectivement. Le gouvernement a prévu 26 millions de recettes sur base annuelle. Le cinquième élément, c'est la gestion du vieillissement de la population et de l'évolution démographique. On se retrouve face à une échéance extraordinaire qu'il faut anticiper. Six : la réforme des structures. Une des caractéristiques de la Wallonie, c'est ce foisonnement de sociétés de droit public, régionales, para-régionales... Depuis le début de la législature, on n'en a pas supprimé une seule. Il y avait là un espace d'économie et d'efficacité à gagner. Sept : la gouvernance publique. Je parle notamment des grèves sauvages, du service garanti et continu dans les TEC. Le dossier n'a pas avancé d'un pouce, bien au contraire. Huit : le parcours d'intégration. La ministre de l'Action sociale prépare un parcours d'intégration " Canada Dry ", qui n'aura rien d'obligatoire, si ce n'est de se présenter à la première séance d'accueil. Quand on voit la montée du radicalisme dans les villes, l'absence d'un parcours obligatoire est un échec lourd du gouvernement. Et le neuvième élément, c'est d'avoir dépensé sans compter pour des études, des campagnes de communication, des logos... Les gens attendent du concret, et non l'emballage. Voilà les grandes lignes de mon analyse qui permettent d'affirmer qu'effectivement, l'olivier wallon a échoué. Encore une fois, je tiens à insister sur le fait que je suis disponible et motivé. Cela étant dit, j'ai vraiment une passion particulière pour les matières de quatre ordres : l'économie, l'aménagement du territoire, l'énergie et la politique hospitalière. Je pourrais aussi ajouter la mobilité. J'invite le ministre-président à ne pas confisquer les élections ! Dès l'instant où il présume déjà de quels pourraient être les membres de la majorité ou les alliés potentiels, il saute allègrement le choix des gens. Laissons-les juges du travail effectué par l'olivier. Ensuite, chacun aura le temps de construire un programme de gouvernement. Je vais répondre point par point. Un : il n'y a en aucune manière connivence, stratégie d'alliance ou accointance avec la N-VA. Le MR a été on ne peut plus clair et unanime à ce sujet. Jean-Luc a eu une expression inadéquate à un moment donné, il l'a retirée. Deux : concernant Tecteo, le positionnement fort du MR a, au contraire, permis de faire évoluer le dossier, puisque l'on a entamé aujourd'hui une vaste réflexion quant à l'organisation des intercommunales. Trois : pour arpenter tous les jours le parti et ses sections, je peux vous dire que le climat y est, me semble-t-il, tout à fait bon. Bon à un point tel qu'une personnalité importante comme Damien Thiéry (NDLR. : bourgmestre FDF non nommé de Linkebeek) a décidé de nous rejoindre. Il y a des divergences assez fortes entre nous, tout comme pour l'ensemble des partis de l'olivier wallon. Le ministre-président l'a d'ailleurs très récemment qualifié : c'est une majorité progressiste, fortement teintée à gauche. Les gens ont rarement eu l'occasion de décider d'autant de choses. Vont-ils renforcer, contre toute attente, la légitimité de l'olivier ? Ou va-t-il être pénalisé, désavoué par la population ? Ce signe-là sera capital pour dessiner le futur gouvernement. Entretien : Christophe Leroy