Quelle était la raison de votre voyage à New York ?

E D'ici à la fin de l'année, il faudra renouveler le mandat de la Monuc et tout le monde semble d'accord sur la nécessité de l'adapter. Il faut aussi une discussion approfondie sur la finalité de la Monuc, huit ans après sa mise en place. C'est quand même la plus grande opération de paix dans le monde.
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E D'ici à la fin de l'année, il faudra renouveler le mandat de la Monuc et tout le monde semble d'accord sur la nécessité de l'adapter. Il faut aussi une discussion approfondie sur la finalité de la Monuc, huit ans après sa mise en place. C'est quand même la plus grande opération de paix dans le monde. E Je suis ministre des Affaires étrangères depuis quatre ans et demi et je me suis toujours intéressé au Congo. Je m'y suis rendu une dizaine de fois. C'est un dossier important mais aussi de nature à en décourager plus d'un. Moi, je n'ai jamais été découragé. E C'est scandaleux de dire cela. Mon département a investi beaucoup de temps et d'argent dans ce dossier. Il y a un problème au Congo, et nous devons nous en occuper, comme du reste de toute la communauté internationale. E Je suis revenu d'Inde pour le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne. Ma position au sujet du Congo a recueilli l'unanimité des ministres et du commissaire européen Louis Michel, qui a dit explicitement qu'il approuvait à 100 % mon analyse. E Je ne vais pas revenir sur ce malentendu. Un des éléments avancés est qu'on peut tout dire au président Kabila, mais en colloque singulier. Moi, j'ai tenté cela plusieurs fois et cela n'a jamais réussi. A quoi bon ces entretiens, alors ? S'il est sincère, Louis Michel doit aussi constater cela. E Je n'ai pas envie de nourrir la polémique. Je suis convaincu qu'il y a un fossé entre la position de certains politiciens wallons et l'opinion publique dans le sud du pays. E A New York, j'ai discuté une heure et demie avec le médiateur de l'ONU, l'ancien président nigérian Obasanjo, et nous avons la même analyse. Au sein des Nations unies, je suis écouté. Mais, en Belgique, certains veulent me déstabiliser. Mais dites-moi, ai-je l'air déstabilisé ? E Je ne crois pas être quelqu'un d'entêté. J'ai des convictions, et je suis prêt à changer d'avis si on parvient à me convaincre d'avoir une autre approche. Mais, dans le dossier congolais, plus je rallie des partisans, convaincus que mon analyse a toujours été très correcte, plus je suis critiqué ! Je ne vais quand même pas changer d'avis parce qu'on m'attaque. E C'est vous qui le dites. Charles Michel affirme que j'occupe une position très personnelle dans mon parti. Mais lors d'élections récentes au bureau de mon parti, j'ai terminé deuxième, à quelques centaines de voix de Guy Verhofstadt. Je suis loin d'être isolé ! E C'est complètement idiot. La décision est claire et nette dans mon parti : je suis le candidat pour le poste de commissaire, cela a été décidé lors de la formation du gouvernement. Je regrette qu'on essaie de créer un malentendu entre Patrick et moi, qui n'a jamais existé. (Lire aussi en p. 86.)Entretien (à New York) : François Janne d'Othée