Le dernier essai du philosophe helvético- israélien Carlo Strenger, Allons-nous renoncer à la liberté ? (Belfond, 170 p.), est " un plaidoyer en faveur de la prise en compte du tragique de notre existence ". Dans le monde libre, constate l'auteur, l'ind...

Le dernier essai du philosophe helvético- israélien Carlo Strenger, Allons-nous renoncer à la liberté ? (Belfond, 170 p.), est " un plaidoyer en faveur de la prise en compte du tragique de notre existence ". Dans le monde libre, constate l'auteur, l'individu n'est plus assujetti au collectif et il n'existe plus de communautés qu'il soit impossible de quitter. Dès lors, nous sommes seuls responsables de notre bien-être spirituel et existentiel. Or, la liberté est considérée comme une évidence et le bonheur comme un droit. " Avec ce type de mentalité du tenu pour acquis, plus personne n'est disposé ni capable de préserver l'ordre libéral (NDLR : dans son acception progressiste, politique et non économique) et, le cas échéant, de le défendre ". De surcroît, la liberté fait peur, motivation la plus puissante des actes inhumains tels que le terrorisme islamiste sait en produire. D'où l'importance d'apprendre à être libre. Car, pour Carlo Strenger, " l'Occident tel que nous le connaissons ne survivra pas si ses citoyens croient que l'ordre libéral est une loi inéluctable de la nature, comme la gravité, et si la liberté d'action qu'il autorise n'est évaluée qu'à l'aune de l'évolution de carrière et des divertissements qu'elle offre ". Un essai éclairant.