Même si les réserves en pétrole et en gaz de l'émirat d'Abu Dhabi figurent dans le top 5 mondial, on s'y soucie déjà de " l'après ". Aussi, au-delà de ses investissements çà et là à travers le monde via, notamment, son fonds souverain, la famille régnante d'Abou Dhabi dote son pays d'infrastructures hyper-modernes, à la hauteur de ses incommensurables moyens financiers. Un de ses projets phares est assurément le développement de Masdar, une éco-ville tout droit sortie des sables q...

Même si les réserves en pétrole et en gaz de l'émirat d'Abu Dhabi figurent dans le top 5 mondial, on s'y soucie déjà de " l'après ". Aussi, au-delà de ses investissements çà et là à travers le monde via, notamment, son fonds souverain, la famille régnante d'Abou Dhabi dote son pays d'infrastructures hyper-modernes, à la hauteur de ses incommensurables moyens financiers. Un de ses projets phares est assurément le développement de Masdar, une éco-ville tout droit sortie des sables qui devra, en rythme de croisière, fonctionner entièrement sans émissions de carbone et sans déchets. Les Emiratis ont compris tout l'intérêt qu'ils avaient à capitaliser, chez eux, en matière de recherche et développement. D'où la création, en collaboration étroite avec le Massachusetts Institute of Technology (MIT) de Boston, d'une ville à part entière, Masdar City, autour d'une université spécialement dédiée aux énergies renouvelables. Grâce à ses importants moyens financiers, le Masdar Institute of Science and Technology attire en son sein les meilleurs chercheurs et étudiants au monde spécialisés dans les questions relatives aux énergies vertes, dont évidemment tout ce qui relève du solaire. Des chercheurs et étudiants qui, en dehors des labos équipés de ce qui se fait de mieux au monde (plus de 10 millions de dollars en équipements dernier cri !), vivent au quotidien dans une ville à l'architecture un tantinet futuriste, savamment étudiée pour tout à la fois rester dans l'objectif du " zéro émission et zéro déchet " et ne point souffrir des chaleurs qui, dans les Emirats arabes unis, dépassent allègrement les 40° quand elles ne frisent pas carrément les 50° à l'ombre ! Ruelles étroites, ombragées et rafraîchies par un réseau urbain de cours d'eau, bâtiments orientés de façon à éviter les vents chauds du désert, une " tour de réfrigération " - devenue presque un symbole de la ville de Masdar - qui diffuse via sa large base de l'air frais aux alentours, etc., font qu'on n'est pas du tout accablé par la touffeur locale. Cette ville à part entière - on y trouve aussi logements et commerces - se veut aussi être vivier de start-up en aval des activités de recherche fondamentale et appliquée. On imagine aisément que les porteurs de projets n'auront aucune difficulté à lever des fonds... JEAN-MARC DAMRY, À MASDAR CITYLes Emiratis ont compris tout l'intérêt qu'ils avaient à capitaliser, chez eux, sur la recherche et développement