D'abord, la genèse du projet. Thomas Delamarre, commissaire de Jeunes artistes en Europe. Les métamorphoses explique : " Le but de la proposition était d'explorer, après que la fondation se fut penchée sur des continents plus lointains, comme l'Afrique ou l'Amérique du Sud, un territoire de l'imaginaire proche, une scène artistique non révélée qui s'étend à nos pieds... et que, pour cette raison, nous ne voyons pas toujours distinctement. " Thomas Delamarre, en compagnie de son assistant Sidney Gérard, s'est rendu aux quatre coins du Vieux Continent à la découverte d'une génération émergente de plasticiens sur leurs lieux de production. Un manifeste politique au moment où se profilent les élections européennes du 26 mai prochain ? Oui et non. Certes, l'idée d'une communauté sous-tend le propos mais pas dans le sens d'une propagande restreinte. " Stricto sensu, nous avons franchi les frontières politiques de l'Union européenne, précise Thomas Delamarre. Ce qui nous intéressait, c'était davantage de mettre au jour une forge d'images partagée par de jeunes artistes nés entre 1980 et 1994 et ayant grandi dans un continent profondément redéfini par la chute du mur de Berlin. Cette vision nous a mené en Russie, au Danemark ou au Portugal mais également par-delà la mer Noire, jusqu'en Géorgie. Nous nous sommes rendu compte que le choix de l'itinérance n'avait rien de gratuit, il était le juste écho du nomadisme traversant cette nouvelle scène artistique qui circule librement au fil des les pays. De plus, si l'on prend en compte les origines des intéressés, la carte du territoire que nous révélons s'étend jusqu'en Syrie par le biais des toiles de Miryam Haddad. " Le tout pour une leçon qui se médite : lorsqu'un artiste " adopte " un pays, il en réactive toute l'imagerie à l'aune de sa culture.
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