Le rallye-raid "Dakar" s'achèvera le 13 janvier prochain. Quatre jours plus tard, le rallye de Monte-Carlo prendra son départ. Et, le 31 janvier, l'heure de la revanche sonnera déjà sur les pistes enneigées du rallye de Suède. Ainsi, traditionnellement, la course automobile est, avec le ski, l'une des compétitions sportives majeures du début d'année. En Belgique, le milieu s'active également, principalement dans les coulisses du RACB (Royal automobile club de Belgique). Comme toutes les fédérations internationales, la FIA (Fédération internationale de l'automobile) ne reconnaît qu'un seul interlocuteur officiel par pays. Chez nous, il s'agit donc du RACB. L'un de ses départements, la CSN (Commission sportive nationale), est en charge de la gestion, de l'organisation et du développement des sports moteurs sur quatre roues.
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Le rallye-raid "Dakar" s'achèvera le 13 janvier prochain. Quatre jours plus tard, le rallye de Monte-Carlo prendra son départ. Et, le 31 janvier, l'heure de la revanche sonnera déjà sur les pistes enneigées du rallye de Suède. Ainsi, traditionnellement, la course automobile est, avec le ski, l'une des compétitions sportives majeures du début d'année. En Belgique, le milieu s'active également, principalement dans les coulisses du RACB (Royal automobile club de Belgique). Comme toutes les fédérations internationales, la FIA (Fédération internationale de l'automobile) ne reconnaît qu'un seul interlocuteur officiel par pays. Chez nous, il s'agit donc du RACB. L'un de ses départements, la CSN (Commission sportive nationale), est en charge de la gestion, de l'organisation et du développement des sports moteurs sur quatre roues.Dans la passé, cette commission a néanmoins montré ses limites en matière de gestion et de promotion. Dès lors, elle a dû se résoudre à confier la charge de certains championnats, tel le Procar, à divers promoteurs extérieurs, se retranchant dans un rôle d'arbitre sportif et technique. Par ailleurs, elle laisse à d'autres instances du RACB le soin d'organiser des événements maison, comme les Vingt-Quatre Heures de Spa. Créée à cet effet, la structure commerciale RACE a toutefois fait l'objet de suspicions. Arrivé à la présidence du RACB en juin dernier, John Goossens, le patron de Belgacom, s'est donc empressé de faire réaliser un audit par une société extérieure. Celui-ci n'a fait apparaître aucune malversation. En revanche, il a mis en lumière des méthodes de gestion dépassées. Dans le cadre d'une vaste restructuration, des mesures correctives ont été définies et entreront en vigueur durant cette année 2002. Le RACB voit désormais ses activités réorganisées autour de cinq départements distincts: le tourisme (camping et golf), la technique (contrôles), la sécurité (formation et cours de conduite à Francorchamps), le sport (CSN) et les événements (RACE). En dotant chaque département d'un budget spécifique, on espère aiguiser le sens des responsabilités, donc obtenir une gestion plus rigoureuse. Deux activités non rentables viennent ainsi d'être supprimées: l'édition d'un guide touristique et la boutique RACB à Bruxelles. Autre illustration du renouveau: d'ici à quelques mois, le RACB va quitter ses bureaux de la rue d'Arlon, à Bruxelles, pour un nouvel immeuble. Le but est de proposer à tous les membres une véritable "Maison de l'automobile", également ouverte, par exemple, aux "responsible young drivers", à la section des véhicules historiques ou à la sécurité routière. Pour mettre en oeuvre toutes ces réformes, un nouvel organigramme a été mis en place. Guy De Schepper, un homme de promotion bien connu dans le monde de l'automobile, a été nommé directeur général, tandis que Pierre Van Vliet, présentateur des Grands Prix de formule 1 sur TF1, se trouve en charge des relations extérieures. Dans le cadre du plan d'action, destiné à définir la nouvelle politique sportive, une table ronde sera organisée, lors du prochain Salon de l'auto (du 17 au 27 janvier), à Bruxelles, avec les représentants de tous les constructeurs automobiles. En février prochain, cette consultation sera élargie aux autres grands acteurs du sport auto, des organisateurs aux journalistes, en passant par les promoteurs, commanditaires et les pilotes. Une fois les grands axes de la nouvelle politique définis et approuvés, des cahiers des charges seront élaborés, avant l'automne prochain, pour les différents championnats. C'est là qu'on attend la nouvelle équipe au tournant. Car, si l'objectif d'attirer un public plus nombreux rencontre l'unanimité, l'élaboration du choix des moyens n'ira pas sans cris ni grincements de dents. Sans doute les réticences seront-elles peu nombreuses, quand il s'agira de favoriser la pratique du sport automobile amateur ou d'aider à l'éclosion de jeunes pilotes doués. Dans ce but, le RACB Coaching Group, nouvellement créé, a pour mission, cette année, de réunir un pool de partenaires (importateurs automobiles, grands annonceurs, etc.) capables de financer des programmes de tests pour les "apprentis champions". En revanche, quand il s'agira de limiter le nombre d'épreuves, de professionnaliser davantage l'organisation de certaines courses ou d'exiger une participation financière à la dynamisation et à la médiatisation du spectacle, nombreux seront ceux qui rueront dans les brancards. Le RACB devra, alors, prendre ses distances avec la politique du "plaire à tout le monde". Ou, à tout le moins, de la conditionner à l'obtention de garanties sérieuses, de la part notamment des importateurs automobiles.Défis et leçonsPour convaincre ces derniers de s'engager plus nombreux et plus intensément dans la course, le RACB devra démontrer sa capacité de faire chuter au maximum le coût de participation aux championnats qu'il avalise. En garantissant le maintien d'une réglementation technique pendant une plus longue durée, de trois à quatre ans, qui n'obligerait plus les constructeurs à modifier sans cesse leur modèle ? Oui, mais pas seulement. Il s'agit parallèlement d'anticiper le piège inflationniste qui, le cas échéant, découlera immanquablement d'une implication plus importante de ces importateurs. En effet, plus ceux-ci seront nombreux, plus la concurrence jouera et plus les budgets augmenteront. Ce qui poussera certaines marques à se retirer et d'autres à se concentrer sur une seule voiture. Il faudra alors composer avec une augmentation des coûts, avec une diminution du nombre de concurrents et avec un manque croissant de moyens et des efforts consentis par les formations privées par rapport à leurs rivales semi-professionnelles. Pourquoi, dès lors, ne pas obliger les importateurs à confier des modèles à plusieurs écuries qui auraient elles-mêmes la charge d'assurer le développement des véhicules mis à leur disposition. Une telle mesure limiterait la montée des coûts et permettrait d'étoffer les plateaux de concurrents. Il faut retenir les leçons du passé: les principaux championnats belges ont assis leur relative stabilité sur la participation des teams privés. Sus, donc, aux investissements démesurés qui réduisent à la portion congrue ces artisans qui achètent les voitures, les engagent en course et les font rouler "avec les moyens du bord". Il ne sera pas facile non plus de se ménager les faveurs des annonceurs. Or l'argent est le nerf de la guerre. Sans le sponsoring, pas de compétition. Les grandes épreuves belges (Vingt-Quatre Heures de Spa, Vingt-Quatre Heures d'Ypres, rallye du Condroz ou les Boucles de Spa) se sont imposées, avant tout, par la volonté de leurs sponsors. John Goossens le sait mieux que personne. Chez Alcatel et chez Belgacom, il a contribué à l'éclosion de Grégoire de Mévius, le premier pilote belge à avoir remporté, avant d'être piégé par une poisse manifeste, des succès partiels au "Dakar" en cours, dix ans après les dernières victoires de Jacky Ickx.Christophe Engels