Lundi 25 octobre, vers 19 heures. Une tribune libre signée Bart De Wever est mise en ligne sur le site de la N-VA. L'ex-clarificateur royal y fustige la " manipulation " à laquelle se seraient livrés le PS et le SP.A dans le débat sur la loi du financement. Dans son texte, De Wever écrit aussi ceci : " Dans la version finale de mon rapport, je me suis inspiré des modèles des économistes francophones de Namur, en prenant comme point de départ [pour l'élaboration d'une nouvelle loi de financement] les revenus imposables nets. "
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Lundi 25 octobre, vers 19 heures. Une tribune libre signée Bart De Wever est mise en ligne sur le site de la N-VA. L'ex-clarificateur royal y fustige la " manipulation " à laquelle se seraient livrés le PS et le SP.A dans le débat sur la loi du financement. Dans son texte, De Wever écrit aussi ceci : " Dans la version finale de mon rapport, je me suis inspiré des modèles des économistes francophones de Namur, en prenant comme point de départ [pour l'élaboration d'une nouvelle loi de financement] les revenus imposables nets. "Qu'un leader nationaliste flamand s'appuie sur les travaux d'universitaires francophones, ce n'est déjà pas si courant. Qu'il brandisse ces mêmes travaux comme une arme contre le camp francophone, c'est l'onde de choc garantie. De fait, plusieurs ténors du PS, d'Ecolo et du CDH ont avalé de travers en découvrant le communiqué de Bart De Wever... Mais, depuis plusieurs semaines déjà, une colère grondait contre certains professeurs des universités de Bruxelles, Liège, Namur ou Louvain, accusés de fragiliser la position francophone en clamant haut et fort leurs opinions personnelles, sans tenir compte du contexte des négociations. Particulièrement visé : l'économiste Robert Deschamps, des Facultés de Namur. Son interview dans La Libre Belgique, le 17 août, dans laquelle il appelait à " responsabiliser les Régions ", en leur laissant davantage d'autonomie fiscale, a mis en rage Joëlle Milquet, la présidente du CDH. La suite n'allait pas adoucir les esprits... Dossier stratégique, aux ramifications d'une complexité inouïe, la loi de financement n'est " ni plus, ni moins que la Belgique tout entière ", selon la formule d'Elio Di Rupo, le président du Parti socialiste. Sa refonte ne pouvait qu'exacerber les tensions. " Un des mécanismes élaborés par l'équipe de Robert Deschamps, le mode de calcul de l'intervention de solidarité, a bel et bien été repris par la N-VA ", confirme un membre francophone du défunt HighLevel Group, chargé de s'attaquer au casse-tête. Mais il nuance aussitôt : " Dans un modèle, il y a un équilibre. Il faut le juger globalement. Ce mode de calcul a du sens dans le modèle Deschamps. Il en a moins dans le modèle N-VA. "Benoît Bayenet, économiste à l'ULB, membre PS du High Level Group, connaît bien Robert Deschamps pour avoir cosigné avec lui plusieurs travaux. Il tempère lui aussi les critiques à l'égard des économistes namurois : " Ce qui crée la polémique, c'est que certains partis flamands utilisent des morceaux du modèle en précisant bien que ça vient de Namur, dans le but de mettre en difficulté les francophones. Mais ça, Robert Deschamps et Michel Mignolet n'y peuvent rien. Je ne leur en veux pas. Même si je ne suis pas d'accord avec certains choix de société qu'implique leur modèle... "Au-delà du débat sur la loi de financement, le monde politique a l'impression qu'il n'est pas toujours aidé par " ses " universitaires. " Certaines déclarations d'économistes francophones m'ont étonné parce qu'elles contenaient une part d'angélisme ", confie le socialiste Jean-Claude Marcourt. Tout en précisant : " Je ne demanderai jamais que les scientifiques soient des moines-soldats devant défendre une noble cause. "L'intelligentsia flamande, elle, donne volontiers l'impression de se situer dans un agenda politique. Ce qui accroît encore la frustration des états-majors francophones. Philippe Van Parys (UCL) et Pierre Verjans (ULg), entre autres, en ont fait les frais. Un négociateur PS décode : " Dans les positions défendues par des professeurs wallons ou bruxellois, il y a parfois une forme de lyrisme philosophique, une bienveillance, en décalage avec la violence que nous, les négociateurs francophones, nous subissons de la part des nationalistes flamands. En face de nous, on a des pitbulls... Alors, on préférerait des universitaires qui virilisent le débat, qui mettent en lumière les agendas antisociaux qui se cachent derrière l'étiquette de responsabilisation. C'est ce genre de démonstrations dont on aurait besoin. "FRANçOIS BRABANT" face à des pitbulls... on préfère des universitaires virils "