On ne vantera jamais assez les mérites du dépaysement placé sous le signe de l'imagination. Pour cause, ce genre d'expérience relève de la route sans poussière, du ciel sans nuage. Bref, de l'extase sans pollution. Sans doute est-elle plus nécessaire que jamais, à l'heure où nombre d'entre nous se sentent comme des oiseaux en cage. Dans ce domaine, le photographe suisse Stefan Forster (1986) four...

On ne vantera jamais assez les mérites du dépaysement placé sous le signe de l'imagination. Pour cause, ce genre d'expérience relève de la route sans poussière, du ciel sans nuage. Bref, de l'extase sans pollution. Sans doute est-elle plus nécessaire que jamais, à l'heure où nombre d'entre nous se sentent comme des oiseaux en cage. Dans ce domaine, le photographe suisse Stefan Forster (1986) fournit une matière de premier choix. Après Chasing Light, un ouvrage de 2017 dans lequel il traquait lumières et paysages aux quatre coins du monde, cet aventurier de l'image en contexte naturel revient avec un opus de 264 pages entièrement consacré aux territoires insulaires septentrionaux. Pour l'intéressé, Groenland, Norvège, Islande et îles Féroé constituent une sorte de pôle magnétique. Logique, c'est là qu'il a fait ses premiers pas dans le métier. A l'âge de 18 ans, après avoir vendu le cliché spectaculaire d'une boule de feu, une prise de vue miraculeuse qui lui permet d'acheter un appareil plus perfectionné, Forster s'embarque pour un périple de près de deux cents kilomètres en Islande. Sur le dos, un sac de trente-six kilos de provisions et de matériel. Ce moment fondateur de sa carrière, l'Helvète ne l'a jamais oublié. Au contraire, il n'a eu de cesse de renouer avec cette intensité, à travers de nombreuses autres expéditions.Nordic Islands, sa nouvelle parution, compile quatre-vingts voyages sur place, entrepris à pied, en kayak ou même en avion. Sans oublier des images aériennes prises à partir d'un drone, technique grâce à laquelle Stefan Forster s'est fait un nom. Mais la réputation de ce trentenaire vient également de sa fidélité à une esthétique sans compromis : l'homme s'interdit tout recours aux procédés de retouche d'images. " Dans mon travail, c'est la nature qui est au centre du propos, pas la photographie ", a-t-il coutume de répéter.