Actuellement, il est beaucoup question de la neutralité de l'Etat belge, en général, et surtout de celle de la fonction publique, en particulier. Les disputes vont bon train. Mais faut-il encore les prolonger si on se donne la peine de lire les 69 pages de ...

Actuellement, il est beaucoup question de la neutralité de l'Etat belge, en général, et surtout de celle de la fonction publique, en particulier. Les disputes vont bon train. Mais faut-il encore les prolonger si on se donne la peine de lire les 69 pages de l'ordonnance du tribunal du travail de Bruxelles du 3 mai dernier, édifiantes à ce propos? On sait que la Stib, condamnée, est priée de cesser de fonder sa politique de l'emploi sur un principe de neutralité exclusive qui impose aux agents des services publics la virginité des apparences (en l'occurrence: pas de voile porté sur les lieux de travail). Cette neutralité désormais illégale complétait en quelque sorte la neutralité dite "inclusive" qui, elle, impose un traitement égal de la part des agents à l'égard des usagers et reste, bien sûr, d'application. Curieusement, il est rappelé dans ladite ordonnance que la neutralité exclusive n'est imposée ni par la Cour européenne des droits de l'homme, ni par le Conseil d'Etat. Par ailleurs, la Stib ne compte pas exercer son droit de recours: ce qui me paraît impératif vu l'importance du sujet. Donc, la cause semble entendue et fera jurisprudence. A-t-on pris conscience que par amplification cohérente, la neutralité de l'Etat belge est décidément une utopie définitive?