Le climat du marché immobilier dans le Brabant flamand est à l'image de la situation économique de ce début d'année : plus que morose. " J'ai réalisé un chiffre d'affaires 2008 à peu près équivalent à celui de 2007, avec une chute de 5 % dans les derniers mois de 2008. Mais 2009 s'annonce très difficile avec, pour janvier et février déjà, 50 % d'activité en moins que l'année dernière pour mon étude ", s'inquiète Me Diegenant, notaire à Buizingen, dans les environs de Halle.
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Le climat du marché immobilier dans le Brabant flamand est à l'image de la situation économique de ce début d'année : plus que morose. " J'ai réalisé un chiffre d'affaires 2008 à peu près équivalent à celui de 2007, avec une chute de 5 % dans les derniers mois de 2008. Mais 2009 s'annonce très difficile avec, pour janvier et février déjà, 50 % d'activité en moins que l'année dernière pour mon étude ", s'inquiète Me Diegenant, notaire à Buizingen, dans les environs de Halle. " Les conditions de vente sont toujours là : divorces, décès, passage d'une villa vers un appartement pour les seniors, départ des résidents étrangers. Mais les conditions d'achat ne sont plus au rendez-vous : taux d'intérêt plus élevés et surtout crainte du chômage ", analyse John Brillon, directeur de l'agence The Bridge implantée à Kraainem. L'offre dépasse donc maintenant la demande, et les stocks de biens immobiliers commencent à gonfler. Le Brabant flamand possède deux particularités qui renforcent ce constat. " Il y a, dans notre province, une grande majorité de couples qui ont tous les deux un emploi stable et dont l'un des salaires sert à payer le remboursement des prêts. La peur de la perte d'un emploi repousse une décision d'achat ", constate Hendrik Tielemans, directeur de l'agence Century 21, à Rhode-Saint-Genèse. La deuxième particularité est que la province concentre beaucoup d'expatriés et de multinationales. Les entreprises étrangères rognent sur le budget logement de leurs employés et surtout elles les rapatrient. Conséquence : les prix chutent. " Une maison 2 façades/3 chambres a été vendue à Rhode en janvier dernier à 220 000 euros. On en demandait encore 300 000 euros l'an dernier ", confie l'agent local. A Kraainem, pourtant la commune la plus chère, les maisons proposées à 400 000 euros en 2008 sont désormais affichées à 360 000 euros. Le constat est le même dans toute la province. La règle du toujours plus loin de Bruxelles et de Louvain est encore plus vraie. " On peut diviser la province en 3 niveaux de prix décroissants. Couronne de Bruxelles et Louvain, Aarschot et ses environs, et la région de Tirlemont. La différence sera de 30 % à 50 % entre les 2 extrêmes ", explique Koen Hoste, de l'agence Living Stone. En effet, une maison proposée à 286 000 euros à Wemmel sera proposée à 145 000 euros à Tirlemont. Du côté des appartements, il faut nuancer. " Il faut différencier le neuf de l'existant, précise John Brillon. L'existant suit la même tendance que le marché, à la baisse. Le neuf, lui, suit le coût de la main-d'£uvre et des matières premières, et donc augmente. Sur Kraainem, l'existant est à 1 650 euros/m2, le neuf à 3 500 euros/m2 "... Un dernier élément est à relever en Région flamande depuis le 1er janvier dernier : l'obligation pour le vendeur de fournir un certificat énergétique, qui donne un bilan de la performance énergétique du bien. " La qualité du bien va devenir un élément essentiel dans les futures négociations ", estime l'agent. Les ventes seront donc plus réglementées et cela profitera à leur professionnalisation. Les acheteurs, quant à eux, devront s'informer davantage pour mieux négocier. 2009, apparemment, devrait jouer en leur faveur dans la province. A.C.