Au soir des élections communales du 8 octobre 2006, le PS et le MR, qui ont dirigé ensemble la ville de Namur pendant six ans, ne disposent plus que d'une majorité de 24 sièges sur 47. Le MR a perdu un conseiller, et le PS trois, ébranlé par l'affaire Sotegec, du nom de ce bureau d'étude qui aurait bénéficié de " préférences " dans l'attribution de marchés publics. Mais le MR renâcle à l'idée de repartir dans cette coalition des perdants. Quelques jours plus tard, Anne Humblet, fille de l'ancien ministre social-chrétien Antoine Humblet, élue MR mais membre du MCC de Gérard Deprez, annonce qu'elle ne peut soutenir un accord PS-MR, qui n'a donc plus la majorité.
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Au soir des élections communales du 8 octobre 2006, le PS et le MR, qui ont dirigé ensemble la ville de Namur pendant six ans, ne disposent plus que d'une majorité de 24 sièges sur 47. Le MR a perdu un conseiller, et le PS trois, ébranlé par l'affaire Sotegec, du nom de ce bureau d'étude qui aurait bénéficié de " préférences " dans l'attribution de marchés publics. Mais le MR renâcle à l'idée de repartir dans cette coalition des perdants. Quelques jours plus tard, Anne Humblet, fille de l'ancien ministre social-chrétien Antoine Humblet, élue MR mais membre du MCC de Gérard Deprez, annonce qu'elle ne peut soutenir un accord PS-MR, qui n'a donc plus la majorité. Rapidement, mettant fin à un suspens qui n'avait rien d'insoutenable, MR, CDH et Ecolo annoncent qu'ils vont y aller ensemble. Des trois, c'est le CDH qui a fait le meilleur score, et à l'intérieur de celui-ci, c'est Jacques Etienne, alors député wallon, qui a fait le plus de voix et qui ceint donc l'écharpe mayorale. Son premier échevin sera l'Ecolo Arnaud Gavroy, celui-là même qui avait fait éclater l'affaire Sotegec. La tripartite est lancée... et c'est la cacophonie. Les échevins se tirent dans les pattes, les dossiers bouclés en collège sont attaqués au conseil par des membres de la majorité... Au PS, Frédéric Laloux a pris la tête de l'opposition. Ce n'est pas facile : pour la première fois depuis la fusion des communes (entrée en application en 1977), les socialistes ne participent pas au pouvoir à Namur. " Le CDH nous a rendu la monnaie de notre pièce, analyse-t-il, car en 2000 nous avions un projet d'alliance PS-PRL-Ecolo pour nous débarrasser du PSC. Mais Jacques Etienne et Arnaud Gavroy ont été élus sur une campagne de dénigrement, c'est une coalition de personnes, pas de projet. Nous, on était des pestiférés, et on allait voir ce qu'on allait voir, le triomphe de la participation, de la transparence et de la bonne gouvernance. Aujourd'hui, les gens voient ce que c'est sans nous. On ne remplace pas les fonctionnaires, mais l'échevin de l'Environnement n'a pas assez de gens pour assurer la propreté. Et ce n'est que depuis fin juin que la Ville a décidé de lutter contre les tags, les déjections canines, les dépôts d'ordures, le vandalisme... toutes ces incivilités qui empoisonnent la vie des gens : enfin, des amendes (jusqu'à 250 euros) pourront être infligées aux auteurs. "Cette cure d'opposition, même mal acceptée, pourrait redonner du tonus au PS namurois dans la perspective des prochaines élections communales de 2012. Sauf que se pose la question du leadership : des Close ou des Anselme avaient du charisme, de la bouteille, de l'entregent, des relais là où il fallait. Mais ils font partie des six (sur 15) conseillers socialistes aujourd'hui pensionnés. Frédéric Laloux a été affaibli par un soupçon d'utilisation abusive de sa carte d'essence alors qu'il était échevin, et a dû démissionner au printemps 2008 de son poste de secrétaire d'Etat à la Pauvreté (après trois semaines !). Un coup porté par Arnaud Gavroy, qui lui-même avait été accusé par Laloux de prêter facilement sa carte d'essence de fonction à son épouse. Le parquet de Namur a finalement décidé de laisser tomber. Le joker du PS pourrait être Eliane Tillieux, la ministre-surprise du gouvernement wallon. Sauf que les statuts du PS namurois interdisent d'être à la fois parlementaire (a fortiori ministre) et de faire partie du collège communal. Une liste conduite par quelqu'un qui ne va pas siéger ? Jacques Etienne, de son côté, a d'ores et déjà annoncé qu'il serait candidat à sa succession. A l'actif de sa majorité, il met les chantiers (place de l'Ange, gare des bus, nouveau palais de justice, nouvelle caserne des pompiers...) et les bonnes relations avec la Région wallonne. D'autant plus importantes, ces dernières, que le rôle de Namur-Capitale, inévitablement, sera renforcé avec " le déplacement du centre de gravité " du fédéral vers les Régions : Namur devra accueillir de nouvelles administrations, de nouveaux cabinets ministériels, ce qui aura des effets bénéfiques pour l'économie locale. Mais la plume qu'il veut mettre à son chapeau, son dada, son bébé, son obsession, c'est l'Ecole wallonne d'administration, qu'il veut à Namur. Et certainement pas à Charleroi, chez " ce curé de Jean-Jacques Viseur ". " Cette école, je l'ai déjà évoquée dans mon premier discours de bourgmestre aux fêtes de Wallonie en 2007, revendique le mayeur, et tout le monde a embrayé. Avec le gouverneur Denis Mathen, nous avons lancé un appel à toutes les forces politiques. Eliane Tillieux, ministre PS, y a répondu, de même que Georges Gilkinet, député fédéral Ecolo, Willy Borsus, député wallon et vice-président du MR. Nous avons également été rejoints par Axud, qui rassemble toutes les forces vives du Namurois. Pour la première fois, Namur a réussi à créer un véritable lobby politique. " Il ne faut pas réinventer l'eau chaude, dit Jacques Etienne : l'administration wallonne est à Namur, il est donc logique que l'École wallonne d'administration s'y installe aussi. MICHEL DELWICHElobbying intense pour l'école d'administration wallonne