Trente-neuf ans après leur démission officielle, les Beatles font encore des enfants plus ou moins légitimes. Ainsi, le Music for a While de Revolver (EMI) ne partage pas seulement un célébrissime label de disques avec les Fab Four, mais des chansons amplement marquées par l'écriture de Lennon-McCartney. Plutôt dans la veine Eleanor Rigby/Yesterday que Revolution, soit des titres qui sifflotent une certaine mélodie du bonheur. La pop de chambre de ce trio français applique aussi des ambiances ba...

Trente-neuf ans après leur démission officielle, les Beatles font encore des enfants plus ou moins légitimes. Ainsi, le Music for a While de Revolver (EMI) ne partage pas seulement un célébrissime label de disques avec les Fab Four, mais des chansons amplement marquées par l'écriture de Lennon-McCartney. Plutôt dans la veine Eleanor Rigby/Yesterday que Revolution, soit des titres qui sifflotent une certaine mélodie du bonheur. La pop de chambre de ce trio français applique aussi des ambiances baroques et quelques pincées de country à un album dont la faiblesse se trouve sans doute dans l'anglais légèrement de cuisine des textes... Tant qu'à citer les Beatles, autant prendre un original. Même mort, George Harrison conserve une musique rafraîchissante, surtout lorsqu'au sein de Let It Roll (EMI) se rassemblent 19 titres, dont une poignée de tubes mondiaux. Ainsi, quand s'enchaînent glorieusement trois des plus fameuses chansons harrisoniennes, My Sweet Lord, While My Guitar Gently Weeps (en live) et All Things Must Pass, on sent que la messe est dite. Et bien dite. Toujours au rayon anglais, avec une fixation campagnarde, la réédition Deluxe trois CD/DVD du Tubular Bells de Mike Oldfield (Universal) nous rappelle combien l'obsession est intemporelle. Le thème du disque - qui sera repris et popularisé par L'Exorciste - date de 1973 et lancera la carrière mondiale d'Oldfield et de son label Virgin. Trente-six ans plus tard, ce crescendo royal reste insidieusement accrocheur, même si le mix en 5.1 semble peu approprié à une écoute à la plage... Boris Vian allait-il à la plage ? Peut-être bien. En tout cas, 39 de ses plages à lui sont réinterprétées par un large casting francophone et rappellent l'incongruité sensible d'un style indéniablement précurseur. Cela montre aussi que les vrais talents ne sont jamais avalés par l'original : on se dit cela en écoutant les versions de Dick Annegarn et Mathieu Boogaerts, Arthur H, JP Nataf, Juliette, Zebda ou Maurane ( A Boris Vian, Universal). Petit oiseau nordique, Lisa Ekdahl et son Give Me That Slow Knowing Smile (Sony) semblent tailler pour finir la soirée tranquillement, le drink glacé se réchauffant au gré des ballades friables, jazz-pop, vocalisées par cette Suédoise qui fêtera ses 38 ans le 29 juillet. Charmant. Ce n'est pas vraiment le qualificatif qui vient d'emblée à l'écoute de F*** Me I'm Famous de Cathy & David Guetta tout en débauche de sequencers . Cet Ibiza Mix2009 (EMI) est évidemment destiné à vous faire taquiner le dance-floor en pensant que c'est bien là que se décrochent les étoiles. Hormis le morceau de Guetta featuring Kelly Rowland, ce grand mix azuré revisite également les £uvrettes de Black Eyed Peas, Afrojack et Fatboy Slim. Robotique. Et puis, si vous ne vous consolez pas de la disparition de Michael Jackson, ou préférez simplement l'original aux succédanés, Sony ressort opportunément The Collection, soit l'intégralité d' Off the Wall et de Thriller (plus celle de Bad, Dangerous et Invincible) et leurs mirifiques chansons indémodables. Avec, au final, l'impression d'entendre le wonder kid exécuter son moon walk alors que déferle la vague... Philippe Cornet