C'est une première en Belgique : le Premier ministre sera candidat, et même candidat-bourgmestre, aux prochaines élections communales. Bourgmestre empêché de Mons depuis son accession au 16, rue de la Loi en décembre dernier, il sera tête de liste PS, et donc sans suspense aucun le nouveau maïeur. Mais s'il est toujours Premier ministre à l'automne, Elio Di Rupo choisira, lors de l'installation du nouveau conseil communal, celui ou celle qui sera le bourgmestre faisant fonction (f.f.). Le nom de l'échevin Nicolas Martin est avancé avec une certaine insistance. C'est le chouchou.
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C'est une première en Belgique : le Premier ministre sera candidat, et même candidat-bourgmestre, aux prochaines élections communales. Bourgmestre empêché de Mons depuis son accession au 16, rue de la Loi en décembre dernier, il sera tête de liste PS, et donc sans suspense aucun le nouveau maïeur. Mais s'il est toujours Premier ministre à l'automne, Elio Di Rupo choisira, lors de l'installation du nouveau conseil communal, celui ou celle qui sera le bourgmestre faisant fonction (f.f.). Le nom de l'échevin Nicolas Martin est avancé avec une certaine insistance. C'est le chouchou. Ce ne sera pas la première fois que le maïeur de Mons est déclaré empêché. En 2005 déjà, le président du PS avait officiellement laissé son fauteuil de l'hôtel de ville pour (re)devenir ministre-président de la Région wallonne suite à la démission de Jean-Claude Van Cauwenberghe. Après les communales de 2006 qu'il avait remportées (même si le PS montois était passé de 61,35 à 51,55 %), il avait de nouveau prêté les clés de son bureau, cette fois à Catherine Houdart. Pour les récupérer en 2007, après la défaite subie par son parti aux élections fédérales, à la suite de laquelle il avait cédé la présidence du gouvernement wallon à Rudy Demotte. Il se recentrait alors sur le parti et sur sa ville. En décembre 2011, nommé Premier ministre, il a adoubé Thierry Giet comme président f.f. du PS et a désigné un nouveau bourgmestre f.f. à Mons : Marc Barvais, qui présidait le CPAS, et qui poussera la liste en octobre. Le Premier ministre reste toutefois le président en titre du PS, bourgmestre en titre de Mons, et, s'il devait quitter le gouvernement, il pourra retrouver le siège de député fédéral qu'il a laissé en décembre à son suppléant Bruno Van Grootenbrulle, l'ancien bourgmestre d'Ath. Rien n'interdit le cumul de ces trois mandats. Quoi qu'il en soit, personne n'a jamais été dupe : Elio Di Rupo règne toujours, depuis les élections de 2000, sur la cité du Doudou où sa popularité personnelle atteint des sommets rarement égalés. Au fédéral toujours, Philippe Courard entend bien conserver la majorité absolue conquise en 2006 à Hotton à la tête de la liste PS et se succéder à lui-même, de même que Pieter De Crem (CD&V) à Aalter, ou Hendrik Bogaert (CD&V) à Jabbeke. Au gouvernement wallon, André Antoine (CDH) sera, à Perwez, à la tête d'une liste ouverte à un tiers de candidats socialistes. Une man£uvre pour ne pas perdre sa majorité absolue. Paul Furlan (PS) est candidat à sa succession à Thuin, de même que Carlo Di Antonio (CDH) à Dour. A la Région bruxelloise, Charles Picqué, bourgmestre de Saint-Gilles depuis 1985, emmènera la liste socialiste. Le gouvernement flamand, par contre, ne compte aucun bourgmestre empêché. Différence évidente de culture certes, mais aussi autre législation. En Flandre et à Bruxelles en effet, le bourgmestre est désigné par une double majorité, celle de ses colistiers et celle des conseillers communaux. Tandis qu'en Wallonie le champion en voix du principal parti de la majorité devient automatiquement bourgmestre, puis peut ensuite se déclarer " empêché " s'il est (ou quand il devient) ministre. Il garde ainsi la main sur son maïorat et le récupère s'il perd son maroquin. Pas de bourgmestre empêché non plus au gouvernement germanophone. Trois des grandes villes de Wallonie - Charleroi, Tournai et Namur - sont dans des collimateurs ministériels. L'homme fort de Charleroi, Paul Magnette, pour sa première élection communale, ne devrait pas éprouver trop de peine à s'y imposer à la tête de la liste socialiste. Mais il se plaît à entretenir l'incertitude : va-t-il faire le choix de la ville, ou celui de son portefeuille ministériel ? Ce qui est clair, en revanche, avec lui c'est que, s'il reste au fédéral, le bourgmestre faisant fonction sera désigné sur la base des voix de préférence. Un demi-respect de l'électeur tout de même, et un boulevard pour l'actuel bourgmestre f.f. Eric Massin. L'autre ministre fédéral carolo, Olivier Chastel, emmènera la liste MR, et il a juré que si les urnes lui étaient favorables, il choisira la ville, lui. Rudy Demotte figurera en tête de la liste PS à Tournai, la grande ville où il s'est parachuté, et pour laquelle il a renoncé à être le bourgmestre en titre de la petite commune de Flobecq. Il devrait logiquement l'emporter, et aussitôt se déclarer empêché pour cause de ministre-présidence (quoique certains le voient bien quitter l'Elysette !). Le maïeur f.f. devrait, a-t-il annoncé, être le candidat qui aura fait le meilleur score, après le sien s'entend (et espère-t-il). Ce pourrait être une candidate, la très populaire échevine Ludivine Dedonder. Une femme également en première ligne à Namur. La ministre wallonne Eliane Tillieux tente de ramener le maïorat dans l'escarcelle socialiste, après une cure d'opposition face à la coalition CDH-Ecolo-MR. La bagarre avec le bourgmestre (depuis moins de six mois) Maxime Prevot (CDH) est assez tendue. Eliane Tillieux espère devenir la première femme aux commandes de l'une des neuf grandes villes wallonnes (plus de 50 000 habitants). Et c'est promis : si elle est élue bourgmestre, elle démissionnera du gouvernement wallon pour, a-t-elle écrit aux Namurois, se consacrer pleinement à " ma Ville, mon Namour ". De nombreux autres ministres tireront leur liste communale. Ils s'engagent eux aussi vraiment dans la campagne, qui sera leur priorité au cours des prochaines semaines. C'est le cas, au fédéral, de Vincent Van Quickenborne (Open VLD) à Courtrai, de Joëlle Milquet (CDH) à Bruxelles-Ville, de Laurette Onkelinx (PS) à Schaerbeek, de Sabine Laruelle (MR) à Gembloux, d'Annemie Turtelboom (Open VLD) à Anvers et de Servais Verherstraeten (CD&V) à Mol. En Région bruxelloise, Evelyne Huytebroeck sera tête de liste Ecolo à Forest, avec l'ambition affichée de décrocher la timbale, tandis que Benoît Cerexhe emmènera le CDH à Woluwe-Saint-Pierre. Les autres ministres figurent à des places diverses sur les listes, avec une préférence tout de même pour la dernière. C'est le cas de Didier Reynders (MR) qui poussera la liste dans sa nouvelle patrie d'Uccle, de Johan Vande Lanotte (SP.A), bourgmestre empêché d'Ostende, de Jean-Claude Marcourt (PS) à Liège, de Philippe Henry (Ecolo) à Sprimont, de Christos Doulkeridis (Ecolo) à Ixelles, de Bruno De Lille (Ecolo-Groen) à Bruxelles, de Marie-Dominique Simonet (CDH) à Esneux, et enfin, le plus invraisemblable : Guy Vanhengel (Open VLD) poussera la liste PS de Rudy Vervoort, le bourgmestre d'Evere, chef de groupe socialiste au parlement bruxellois et vice-président du PS, poste auquel il vient de succéder à Philippe Moureaux. Au fédéral, seuls les ministres Steven Vanackere (CD&V), ancien échevin de Bruxelles, et Maggie De Block (Open VLD), dont la commune de Merchtem est dirigée par son frère Eddy, ne se présentent pas. Côté wallon, c'est le cas de Jean-Marc Nollet (Ecolo) et, en Région bruxelloise, de Brigitte Grouwels (CD&V). Eux, au moins, peuvent se consacrer à temps plein à leur portefeuille. Michel Delwiche