Merry Hermanus est un personnage de roman. Né dans une famille des Marolles devenue prospère, il entre en politique pour marquer l'Histoire. D'abord engagé dans la fonction publique, il gravit rapidement les échelons, devenant chef de cabinet de ministres socialistes (Léon Hurez, Robert Urbain, André Baudson, Guy Spitaels, Guy Mathot et Philippe Moureaux), puis secrétaire général de la Communauté française (1984) et député bruxellois (1995). Pendant vingt-deux ans, jusqu'en 1995, il a été au coeur du " système PS ". C'est lui qui préparait les nominations politiques et collectait les dons des entreprises. C'était avant le financement public des partis politiques et les affaires Inusop, Dassault et Agusta dans lesquelles il bascula. Emprisonné à Lantin, il fut lâché par son parti, une expérience qu'il a racontée dans L'Epreuve (Editions Luc Pire, 1999). Paradoxalement, cette épreuve renforça son goût du bonheur et de la littérature, décapant le vernis des hommes et des choses qu'il n'avait cessé d'observer sans tabous. Dans L'Ami encombrant (Editions Luc Pire, 384 pages), qui sort aujourd'hui, il livre les à-côtés de sa vie d'homme d'action qui n'a jamais cessé de se considérer comme un intrus, un " infiltré ", dans le monde du pouvoir, revenant toujours à l'essentiel : l'amour, l'amitié. Et Dieu sait s'il a aimé les hommes ! Sa relation avec Philippe Moureaux, son double, est l'un des fils conducteurs du livre. Amitié rebelle, amitié déçue. Comme ont été déçus les espoirs mis dans une social-démocratie qui n'est plus que l'ombre d'elle-même. Reste une galerie hallucinante de portraits, aussi ciselés, aussi tranchants que ceux de Saint-Simon décrivant les impasses et la grossièreté (parfois scatologiques) de la cour de Louis XIV. Une plongée quasi ethnologique dans les coulisses de la politique.
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Merry Hermanus est un personnage de roman. Né dans une famille des Marolles devenue prospère, il entre en politique pour marquer l'Histoire. D'abord engagé dans la fonction publique, il gravit rapidement les échelons, devenant chef de cabinet de ministres socialistes (Léon Hurez, Robert Urbain, André Baudson, Guy Spitaels, Guy Mathot et Philippe Moureaux), puis secrétaire général de la Communauté française (1984) et député bruxellois (1995). Pendant vingt-deux ans, jusqu'en 1995, il a été au coeur du " système PS ". C'est lui qui préparait les nominations politiques et collectait les dons des entreprises. C'était avant le financement public des partis politiques et les affaires Inusop, Dassault et Agusta dans lesquelles il bascula. Emprisonné à Lantin, il fut lâché par son parti, une expérience qu'il a racontée dans L'Epreuve (Editions Luc Pire, 1999). Paradoxalement, cette épreuve renforça son goût du bonheur et de la littérature, décapant le vernis des hommes et des choses qu'il n'avait cessé d'observer sans tabous. Dans L'Ami encombrant (Editions Luc Pire, 384 pages), qui sort aujourd'hui, il livre les à-côtés de sa vie d'homme d'action qui n'a jamais cessé de se considérer comme un intrus, un " infiltré ", dans le monde du pouvoir, revenant toujours à l'essentiel : l'amour, l'amitié. Et Dieu sait s'il a aimé les hommes ! Sa relation avec Philippe Moureaux, son double, est l'un des fils conducteurs du livre. Amitié rebelle, amitié déçue. Comme ont été déçus les espoirs mis dans une social-démocratie qui n'est plus que l'ombre d'elle-même. Reste une galerie hallucinante de portraits, aussi ciselés, aussi tranchants que ceux de Saint-Simon décrivant les impasses et la grossièreté (parfois scatologiques) de la cour de Louis XIV. Une plongée quasi ethnologique dans les coulisses de la politique. " Débarqua un jour dans mon bureau Isidore Halberthal, à l'époque actif dans une éphémère société d'électronique (NDLR : Merry Hermanus était alors chargé de l'informatisation de la fonction publique). Extrêmement sympathique, d'une prolixité torrentielle, dans une démarche de séduction permanente, il pratiqua avec moi la technique d'approche la plus classique, quasi toujours payante sauf avec les malades du foie ! Il m'invita de façon régulière au restaurant. Je crus devenir son meilleur ami ! J'observais quand même, amusé, qu'au fur et à mesure de nos rencontres, la qualité des restaurants baissait. Nous avions commencé par un restaurant étoilé et après quelques semaines, nous fréquentions une gargote. Mais l'objectif était atteint, il pouvait me téléphoner et me rencontrer quand il le désirait. Je dois avouer que sa volonté d'obtenir des contrats m'apparaissait secondaire, et pour tout dire, je le trouvais assez dilettante. [...] Il fut cependant, c'est sa gloire, l'initiateur au sein du PS d'une nouveauté essentielle, le baiser entre hommes. Il commença au PS avec moi. Après quelques années de fréquentation assidue, il m'embrassait lorsque nous nous retrouvions et lorsque nous nous séparions. Au début, j'étais ébahi, pour moi le baiser entre hommes étant exclusivement réservé à la famille. [...] Maintenant, tout le monde s'embrasse. Même Moureaux s'y mit. Il est vrai qu'il fut l'un des derniers. Même les CDH s'embrassent. Aujourd'hui, ce baiser qui pouvait être tellement important m'apparaît comme celui des mafieux, et cela me choque profondément. Si quelqu'un écrit un jour l'histoire du baiser dans le monde politique belge, qu'il n'oublie surtout pas que l'initiateur en fut Isidore Halberthal. Il faut qu'un jour justice lui en soit rendue. " " J'avais rencontré Albert Raes (photo), directeur général de la Sûreté de l'Etat, lors de différents colloques de sciences administratives. Il renoua le contact alors que j'entamais mes fonctions de chef de cabinet. De très petite taille, la peau très blanche, une chevelure blonde assez abondante, rougissant brutalement sous l'effet du premier verre de vin ou de la première confidence (bizarre pour un maître espion), portant immuablement des cols anglais ayant pour effet de lui rehausser le cou, très volubile, s'exprimant avec un léger accent flamand, cet ancien substitut du procureur du roi est sans conteste une personnalité marquante et originale par la dimension de son ego. Nos contacts étaient d'autant plus excellents qu'ils se déroulaient chez Bruneau dont il était un grand habitué. Je ne sais pourquoi, il avait jeté son dévolu sur moi et avait décidé que je serais un adjoint idéal. Je n'en avais aucune envie mais le fait, pour le PS, d'occuper ce poste n'était pas sans utilité. Après avoir poliment décliné cette offre étonnante, je me mis en chasse pour trouver le candidat parfait. Me baladant galerie Saint-Hubert, je tombai sur Jacques De Vlieghere, lieutenant-colonel d'aviation, s'ennuyant à mourir à l'armée. Evoquant le poste de la Sûreté, il marqua un intérêt immédiat. Restait à convaincre Raes. Ce ne fut pas facile. De Vlieghere n'était pas son choix. On parvint quand même à l'imposer après quelques incidents curieux. Le domicile du sympathique lieutenant-colonel fut cambriolé ainsi que son appartement sur la Côte, rien ne fut dérobé mais tout avait été retourné, fouillé... à la recherche de quoi ? On ne découvrit jamais le fin mot de l'histoire pas plus qu'on ne mit la main sur les cambrioleurs. Jacques De Vlieghere fut nommé et occupa la fonction jusqu'à sa retraite. " " Il était le secrétaire général de Febecoop, sorte de bureau d'études de l'action commune socialiste, essentiellement financé par la compagnie d'assurances La Prévoyance sociale. Personnage haut en couleur, verbe tonitruant, son magnifique accent liégeois donnant encore plus de chaleur à sa voix, assez grand, le visage rond, de bonnes grosses joues, une peau rosée, les cheveux rejetés en arrière et assez longs sur la nuque, marchant la poitrine vers l'avant, jamais avare d'une anecdote, d'un potin sur l'un ou sur l'autre, amoureux de la vie, grand voyageur, homosexuel affirmé (pas si facile à l'époque), connaissant tout sur tout le monde, régnant en maître absolu sur une petite équipe dont le travail ne semblait pas être la préoccupation principale, tel était Roger Ramaekers (photo). Ami généreux et fraternel, mais l'une des langues les plus acérées et venimeuses de Belgique. [...] Fin 1978, Roger me proposa de rejoindre son équipe, m'expliquant que je deviendrais comme lui un " faiseur de roi ". L'idée de devenir l'un de ses " boys " ne me plut pas du tout. Je déclinai poliment tout en restant en excellents termes avec lui. Je ne crois pas qu'il ait été comme il le soutenait un " faiseur de roi ", mais j'affirme qu'il fut sans conteste le " créateur " d'Elio Di Rupo, qu'il cornaqua dans les arcanes du monde politique belge et dans d'autres cercles de décideurs. Il le soutint dans les moments terribles sans la moindre faiblesse, l'hébergeant, se battant bec et ongles pour défendre son ami que beaucoup avaient lâché. Pygmalion doué et généreux pour ses collaborateurs, ceux-ci ne furent que ses esquisses. Elio Di Rupo est son chef-d'oeuvre. " " Janvier 1981. André Cools (NDLR : président du Parti socialiste) assistait à la réunion des ministres socialistes, le visage gris, gonflé, bosselé, celui du boxeur qui a perdu le match et qui l'ignore. Les cigarettes se succédaient à un rythme effréné. Il enlevait et remettait ses lunettes à tout bout de champ, en un geste qui lui était habituel, saisissant entre le pouce et l'index de la main droite le verre de ses lunettes et les repoussant sur l'arête du nez. Il montrait constamment son agacement, se calait au fond de sa chaise, passait d'un air absent à de brusques colères. J'étais très inquiet, il était épuisé, au bout du rouleau. Il avait mené mille et un combats, s'était impliqué dans toutes les fédérations, dans certaines sections, il avait réglé des dizaines de conflits. Ses combats perdus pour la modernisation des provinces, contre la toute-puissance de l'ALE (NDLR : devenue Tecteo) et l'assainissement des corps de pompiers, avaient usé sa fabuleuse énergie. Il ne supportait plus l'hypocrisie des uns, la lâcheté des autres et le carriérisme de tous. Il n'avait plus le recul suffisant et se maîtrisait de moins en moins. Il n'y avait plus de distance entre l'homme dans sa totalité et les événements, il avait brûlé ses réserves. C'était l'inévitable rupture ! Moureaux et moi (NDLR : respectivement ministre de l'Intérieur et chef de cabinet de Guy Spitaels, vice-Premier ministre) percevions qu'il allait craquer. Au cours de la réunion, il s'emporta violemment contre Busquin que bizarrement, et je n'ai jamais su pourquoi, il surnommait la demoiselle aux grands pieds. C'était la fin, Cools n'en pouvait plus. J'étais assis à côté de lui. Sa respiration s'accéléra, il haleta, puis se leva brutalement et se jeta sur Busquin. Je parvins à m'interposer et, avec beaucoup de peine, je lui maintins les bras, tentant de le ceinturer. Moureaux se précipita, venant à ma rescousse, et parvint à les séparer. " " Plus de vingt-cinq ans plus tard, j'apprendrai que Moureaux s'était opposé à ce que je devienne ministre (NDLR : des Affaires bruxelloises). Il ne voulait pas qu'il y ait deux crocodiles dans le même marigot... Sur ce point, je ne peux lui donner tort. Il me fera d'ailleurs un curieux aveu lors de notre dernier déjeuner. Nous étions au marché aux poissons dans un restaurant thaïlandais. Il était particulièrement détendu, presque zen. Il flottait sur son visage un curieux sourire. Il m'annonça qu'il avait une nouvelle compagne, qu'il était pleinement heureux, et me parla de nos destins en concluant par cette phrase " Tu sais, toutes les décisions que j'ai prises à ton égard, je les ai prises car j'étais jaloux !" De quoi a-t-il bien pu être jaloux ? Son curieux aveu n'alla pas jusque-là. Je restai bouche bée. J'essayai, moi aussi, d'arborer le sourire du ravi de la crèche, me contentant d'apprécier à son juste prix ce grand moment de sincérité qui, je l'ignorais, clôturait une vie de collaboration. Je ne répondis rien. J'avoue encore aujourd'hui ne rien comprendre. Il a fait une brillante carrière, il a occupé de prestigieuses fonctions. Inutile de lui rappeler que j'ai pu, moi, longuement apprécier le vertige de l'homme qui tombe. Mais à ses yeux cela avait-il quelque importance ! Il est vrai que malgré tout, grâce à mes parents, ma femme, mes enfants, j'ai été et suis toujours, un homme pleinement heureux, me sentant bien avec moi-même et avec les autres ! J'ai un jour stupéfié mes avocats lorsque je soulignai que pendant cette longue persécution, je fus à ce point heureux que je fis un enfant ! " " Passer de Spitaels à Mathot (NDLR : comme chef de cabinet vice-Premier et Budget en 1981) fut étonnant, jamais hommes n'ayant été plus dissemblables. Autant Spitaels était méticuleux, précis, organisé, autant Guy Mathot (photo) était fantasque, imprévisible, totalement désorganisé, n'ayant aucun sens de la ponctualité. Mais il avait sur Spitaels, Moureaux et tous les autres, un avantage énorme : sa fulgurante intelligence. Il comprenait les problèmes au quart de tour. Il ne préparait quasiment jamais les conseils des ministres, à charge pour moi de les lui expliquer. Notre cabinet était situé au 26, rue de la Loi. Toujours en retard, je prenais l'ascenseur en sa compagnie pour tenter de mettre l'accent sur les points essentiels du conseil. Je poursuivais en l'accompagnant à pied pendant les trois ou quatre cents mètres qui séparent le 26 du 16. Le plus étonnant est qu'il saisissait les problèmes, voyait tout de suite où était la faille, où il fallait intervenir. Il était vraiment très impressionnant. [...] Nous n'avons jamais eu le moindre conflit, mais il fut pour moi une terra incognita. C'était avant tout un homme secret, ne se confiant jamais, n'informant que très peu sur ses contacts, sur ses projets. Il vivait, chacun le voyait, plusieurs vies parallèles, ne les mélangeant pas, mais de toute évidence interférant les unes avec les autres. Je ne suis pas certain qu'il privilégiait la vie politique. D'autres choses devaient le passionner ou... l'emprisonner. Différentes péripéties de sa vie démontrèrent qu'il ne pouvait pas se défaire de certaines relations méphitiques. " " Picqué, ayant capitalisé une énorme popularité, sans doute la plus large après celle du VDB des années soixante, aurait pu disputer à Moureaux la direction de la fédération. Il ne l'a pas voulu par tempérament, assumant mal les conflits frontaux, et par facilité. Toucher aussi paisiblement que possible les dividendes de son fonds de commerce de popularité lui suffisait sans doute. C'est aussi la raison qui lui fit accepter d'être pendant près de vingt ans un ministre-président bruxellois ayant l'apparence d'un pouvoir, assistant impuissant à l'étranglement, à la paupérisation et à la constante dégradation économique et sociale de la Région qu'il était censé gérer. Charles Picqué (photo) avait tellement pris l'habitude de se déplacer en crabe qu'il lui était devenu impossible de marcher droit. Il tournait en rond et produisait... des plans. Que de plans pour Bruxelles, que de projets depuis vingt ans et pourtant quelle effroyable dégradation de la ville ! Entre son arrivée au pouvoir et son départ, deux chiffres : le nombre de chômeurs est passé de 10 à plus de 20 % et le nombre de minimexés a triplé ! Mais pour l'habileté, Picqué est imbattable. Mais l'accent bruxellois et la gouaille ne sont pas des marqueurs de bonne gestion ! Sa thématique idéologique releva délibérément d'une diagonale du flou. " " Picqué, prudent, sut cependant, quand il le fallut, éviter que de jeunes pousses lui fassent de l'ombre. Ainsi au cours des années nonante, il avait été décidé qu'Yvan Mayeur deviendrait vice-président de la fédération. Mayeur, dont le père avait été conseiller communal saint-gillois, implanté au coeur de Bruxelles, possédait de nombreux contacts dans la presse. Très populaire, rapide à saisir la balle au bond, actif sur différents terrains, voilà quelqu'un bourré de qualités, prometteur en diable. Tous les pontes, y compris Picqué, avaient marqué leur accord. Cette nuit-là, vers 1 heure du matin, Picqué téléphona à Moureaux pour dire qu'en définitive, il ne pouvait accepter une vice-présidence confiée à Mayeur. En un mot comme en cent, Mayeur lui faisait peur. Moureaux s'inclina et Mayeur informé du veto de Picqué en fut longtemps meurtri. " " En mars 2004, Moureaux convoqua les représentants des sections pour préparer le programme des élections régionales de juin. La réunion se tenait dans la grande salle en sous-sol des Mutualités, rue Saint-Jean. [...] La fédération avait fourni un premier projet de programme que nous pouvions amender ou compléter. J'avais décidé d'en découdre, ma section ayant approuvé une bonne cinquantaine d'amendements qui tous allaient dans le sens d'une défense des valeurs de la laïcité, de l'égalité hommes et femmes. Moureaux présidait, d'humeur maussade, que le mauvais vin et les sandwichs farcis à la mayonnaise n'avaient pas améliorée. Je défendis mes amendements les uns après les autres. Les quatre ou cinq premiers passèrent, Moureaux maugréant et bougonnant, sans plus. Arrivé au sixième, il explosa : " J'en ai marre, laïcard, sale laïcard, tu veux minoriser une population fragilisée alors que tes amis juifs, eux, peuvent tout se permettre !" La crise dura, d'autant plus que je hurlai à mon tour. Je lui rappelai qu'il manoeuvrait pour empêcher Mohammed Daïf de lui succéder, que c'est lui qui dérapait en abandonnant les principes majeurs de la laïcité. Je me contins mal, frappant du poing sur la table et cassant les verres qui s'y trouvaient. " " Je l'ai dit et répété des dizaines de fois, il n'y eut de la part du PS aucune manoeuvre de corruption. Les instructions de Spitaels étaient claires : ne prendre contact avec les firmes qu'une fois les procédures d'adjudication complètement terminées, ne pas citer de montant, laisser aux firmes le libre choix de leurs dons. J'insiste... Pendant toutes ces années, je n'ai jamais été témoin d'un acte de corruption de la part d'un ministre avec lequel j'ai travaillé. Il fallait financer les campagnes de cette façon - ce n'est heureusement plus le cas -, ce qui était difficile et très souvent humiliant. C'est pourquoi, sans doute, on m'en chargeait. Mais ce n'était certainement pas de la corruption. Moureaux était donc au courant de tout. Il savait que j'avais obtenu trente-cinq millions de francs belges de Dassault et qu'Agusta nous en avait annoncé dix. Je compris d'ailleurs au cours du procès pourquoi le SP avait obtenu plus de nonante millions et nous trente-cinq. Tout simplement parce que, contrairement à eux, nous ne nous étions manifestés qu'après la signature du contrat. Curieux que la Cour de cassation ne se soit jamais fait cette réflexion. C'était pourtant l'évidence même ! Le grain de sable fut qu'Agusta ne versa jamais rien au PS. [...] Incroyablement naïf, il (Moureaux) fit un nombre incalculable de confidences au commissaire Brose (NDLR : de la PJ de Liège) qui, aussi habile que sympathique, jouant de sa proximité politique et philosophique, enregistrait tout ce que Moureaux racontait... et en bon flic rédigeait ce qu'il est convenu d'appeler des articles 29. Je retrouverai d'ailleurs tous ces PV parmi les cent septante-cinq mille pages du dossier dont j'ai conservé les plus " parlantes ". Moureaux lança Brose sur une série de pistes, certaines assurément aussi biscornues que farfelues, mais également sur le dossier Agusta, expliquant que les sommes promises n'avaient pas été versées. Il ne le savait que par moi ! Evident qu'à partir de là, la piste Agusta allait être fouillée, l'écheveau allait se dévider. La foudre touchera d'abord le SP puis le PS. " L'ami encombrant, par Merry Hermanus, éd. Luc Pire, 384 p. Le livre est également disponible en numérique. Par Marie-Cécile Royen" Roger Ramaekers : Elio Di Rupo est son chef-d'oeuvre " " Charles Picqué avait tellement pris l'habitude de se déplacer en crabe qu'il lui était devenu impossible de marcher droit "