Quel mauvais esprit a dit que seuls les prêtres et les homosexuels désiraient encore se marier aujourd'hui? Selon l'Institut national de statistique (INS), le mariage n'est plus en chute libre. En 2000, avec 45 123 unions légales, le taux de la nuptialité est reparti à la hausse, pour la première fois depuis une dizaine d'années. Même si on est loin de "l'embellie" constatée voici une dizaine d'années: en 1990, on avait dénombré 64 554 mariages. La reprise actuelle concerne toutes les régions du pays. Cette ...

Quel mauvais esprit a dit que seuls les prêtres et les homosexuels désiraient encore se marier aujourd'hui? Selon l'Institut national de statistique (INS), le mariage n'est plus en chute libre. En 2000, avec 45 123 unions légales, le taux de la nuptialité est reparti à la hausse, pour la première fois depuis une dizaine d'années. Même si on est loin de "l'embellie" constatée voici une dizaine d'années: en 1990, on avait dénombré 64 554 mariages. La reprise actuelle concerne toutes les régions du pays. Cette progression s'était amorcée dès 1999 en Wallonie et à Bruxelles. Elle a désormais gagné la Flandre. Avec 5,24 mariages pour 1 000 habitants, les Bruxellois sont proportionnellement les plus nombreux à convoler en justes noces, suivis des Wallons (4,52 ) et des Flamands (4,20).Cette hausse s'explique notamment par la proportion croissante des remariages. Ceux qui concernent au moins un divorcé représentent désormais près d'une union sur trois (pour un peu plus d'une sur dix, en 1980). Conséquence: les "mariés" sont de plus en plus âgés. Si les hommes n'ont que 29 ans et les femmes 26 ans quand il s'agit de la "première fois", ils ont respectivement 43 ans et trente-neuf ans et demi lors d'un remariage. Davantage de mariages, davantage de divorces? Après plusieurs années de baisse continue, le nombre de divorces est reparti, lui aussi, à la hausse, sauf en Wallonie, 27 002 ruptures ont été enregistrées en 2000. Avec 4,44 divorces pour 1 000 habitants, les couples bruxellois sont proportionnellement les plus nombreux à se désunir. Ils sont suivis des Wallons (2,50) et des Flmamands (2,42). Avec une remarquable constance depuis une décennie, on se sépare, selon l'INS (1) après douze ans de vie commune, à la veille de la quarantaine pour un homme et vers trente-sept ans et demi pour une femme. Dans la majorité des cas (69 %), les demandes en divorce sont introduites par les deux époux. C'est encore plus vrai en Flandre où la démarche conjointe concerne 3 procédures sur 4. Pour le reste, les femmes sont 2 fois plus nombreuses que les hommes à prendre l'initiative. Et les cohabitants dans tout ça? Ils ne sont pas répertoriés par l'INS. Selon une enquête réalisée en 1998 par l'université de Liège (ULg), 8 % des ménages belges cohabitent. Par ailleurs, 18,8 % des adultes déclarent avoir connu une expérience de cohabitation qui s'est soldée par une séparation. "Parmi eux, beaucoup de jeunes avaient ainsi procédé à un "mariage à l'essai"", nuance Valérie Lenoir, chercheuse à l'ULg.(1) Mariages et divorces en 1999, ministère des Affaires économiques.Dorothée Klein