Il fait danser la jeunesse dorée de la région depuis vingt-cinq ans. Avec un succès et une longévité qui forcent le respect. Même s'il faut avouer que le monde de la nuit en Brabant wallon n'a jamais eu la réputation d'être très folichon. La concurrence, surtout ces dernières années, ne l'a donc pas vraiment empêché de dormir.
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Il fait danser la jeunesse dorée de la région depuis vingt-cinq ans. Avec un succès et une longévité qui forcent le respect. Même s'il faut avouer que le monde de la nuit en Brabant wallon n'a jamais eu la réputation d'être très folichon. La concurrence, surtout ces dernières années, ne l'a donc pas vraiment empêché de dormir. Marc Susini a un profil atypique. Lunettes colorées, boule à zéro, sourire collé aux dents, cet homme jovial cache un patron tenace qui a réussi à constituer un petit empire dans le monde des loisirs. Boîte de nuit (Doudingue puis B-Club), salle de spectacle, bowling, mini-golf, bar à karaoké, restaurant (revendu en 2006) : autant d'enseignes qui rameutent des milliers de fêtards au clos Lamartine depuis un quart de siècle. DLC, sa société, engrange un chiffre d'affaires annuel avoisinant les 3 millions d'euros. Elle emploie 75 personnes. Une belle success-story. Fin des années 1960, les parents de Marc Susini ouvrent le disco-bar La Forge à Horrues (Soignies). Papa est aux platines, Maman au bar et le petit Marc à l'étage, des boules Quies dans les oreilles. A 15 ans, il prend les commandes de la sono. Pendant sept ans, il peaufine son projet de discothèque. Quand ses parents décident de déménager en France, il passe à l'action et crée, en 1989, La Doudingue. Un bâtiment qu'il a imaginé jusque dans les moindres recoins. La boîte de nuit devient rapidement un lieu incontournable de la région. " On proposait quelque chose de différent avec des soirées à thème, un décor, une éthique qui rassurait les parents. " L'homme a plus d'une idée dans son sac : il diversifie rapidement ses activités pour créer un véritable pôle de loisirs, idéalement situé entre Braine-l'Alleud et Waterloo. " Le leitmotiv était de divertir le public de midi à six heures ", confie-t-il. Il est toujours d'actualité. Marc Susini est l'antithèse des clichés qui pourraient circuler sur les patrons de boîte de nuit. Réfléchi et censé, il a par exemple fait de la lutte contre l'alcool chez les jeunes un véritable combat. " L'évolution de la consommation est catastrophique, explique ce père de cinq filles, âgées de 4 à 23 ans. Les jeunes sont déjà saouls à 1 heure avant d'arriver chez moi. Et autant les filles que les garçons. Les jeunes n'ont plus de limite. Cela fait quinze ans que j'alerte les politiques sur ce phénomène. Rien n'avance, au contraire. " Reste que le monde de la nuit n'est plus non plus ce qu'il était. Sa discothèque est en perte de vitesse depuis deux ans. Un troisième creux après ceux de 1996 et de 2003. Et celui-ci s'annonce sérieux. " Les jeunes ont changé d'approche, privilégiant les bars ou les festivals pour pouvoir se parler. L'uniformisation de la musique et de l'ambiance ont plombé l'attrait des boîtes de nuit. " Résultat : le B-Club fermera ses portes en octobre. Place à un nouveau concept qui mêlera dîner, concert live et soirée. " Je suis très attaché à l'idée de donner l'occasion à de jeunes musiciens de jouer pour le plaisir. J'adore le côté authentique de ces artistes. Et je veux aussi offrir la possibilité à la tranche 20-30 ans de découvrir des groupes de leur région. " Un concept qui fait ses preuves pour les plus de trente ans à l'Acte 3. " L'objectif est de remettre l'humain au centre des soirées. Mon métier n'est pas de vendre de l'alcool mais de mettre les gens en contact et de créer des souvenirs dans une tranche de vie qui doit être inoubliable. " X.A.