Depuis que le gouvernement a permis les visites - sous certaines conditions - dans les maisons de repos, ce qui a provoqué un tollé, on ne parle plus beaucoup de ce qui s'y passe. Les résidents ont été oubliés, même lors de la fête des mères. Certaines structures ont heureusement une politique plus humaine et ont aménagé cette pos...

Depuis que le gouvernement a permis les visites - sous certaines conditions - dans les maisons de repos, ce qui a provoqué un tollé, on ne parle plus beaucoup de ce qui s'y passe. Les résidents ont été oubliés, même lors de la fête des mères. Certaines structures ont heureusement une politique plus humaine et ont aménagé cette possibilité de visites, ce qui a été qualifié par certains de " génocide ". La vérité est que beaucoup de ces établissements, le plus souvent privés, vivent repliés sur eux-mêmes, avec leurs propres lois et sans aucun contrôle. Leurs objectifs visent uniquement la rentabilité. J'ai de la famille dans une maison de repos - chic et chère - de Bruxelles et je suis outrée du confinement des résidents dans leur chambre, sans possibilité d'en sortir ou de participer à des activités depuis deux mois, même s'ils ont été testés négatifs. Les conséquences se font sentir au niveau cognitif ou musculaire, mais aussi psychologique : tristesse, résignation, dépression, etc. On maintient les résidents dans une sorte de dictature de la peur. Tout cela s'apparente à de la maltraitance. L'oncologue français Axel Kahn le disait très bien dans l'émission C à vous, sur France 5 : " On ne peut discriminer quelqu'un en raison de sa fragilité. Ces résidents qui ont une espérance de vie d'un ou deux ans ont le droit de vivre ce printemps et cet été car, pour eux, ils sont irremplaçables. Le problème de vivre, ce n'est pas seulement de ne pas mourir, c'est de vivre et d'aimer vivre. Si vous créez une obligation telle que la seule perspective de vivre est de ne pas mourir, c'est ne pas comprendre du tout ce qu'est une personne humaine ".