Jeune couple, peu de moyens, cherche maison de caractère respectant l'environnement. " Telle est l'annonce que Xavier et sa compagne auraient pu faire passer dans les toutes-boîtes du coin voici cinq ans. Parmi les maisons existantes, rien ne leur plaisait. Quant aux maisons " clés sur portes ", n'en parlons pas ! Solution : construire une maison " bioclimatique évolutive ". Le tout pour, à l'époque, 105 000 euros.
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Jeune couple, peu de moyens, cherche maison de caractère respectant l'environnement. " Telle est l'annonce que Xavier et sa compagne auraient pu faire passer dans les toutes-boîtes du coin voici cinq ans. Parmi les maisons existantes, rien ne leur plaisait. Quant aux maisons " clés sur portes ", n'en parlons pas ! Solution : construire une maison " bioclimatique évolutive ". Le tout pour, à l'époque, 105 000 euros. Petit bémol : le prix ne comprenait que le gros £uvre fermé. Xavier, jeune instituteur bricoleur, comptait faire le reste lui-même. D'où l'adjectif " évolutive ". " Je n'étais pas pressé. Cela ne me dérangeait pas d'étaler les travaux dans le temps ni de mettre la main à la pâte. Quand nous sommes entrés dans la maison, la pièce de vie était... juste vivable. Tout comme la cuisine, la chambre, la salle de bains et le dressing. J'ai commencé par poser le plancher et par mettre les plaques de plâtre (Gyproc) dans le salon. On a aussi très vite installé l'escalier. Pendant plus de deux ans, par contre, toute une partie de la maison a été condamnée. Je ne m'y suis attelé qu'en 2006 et il m'a fallu plus de deux ans pour la rendre habitable. "La maison de 250 m2 a été conçue de manière à réduire les coûts et à respecter l'environnement. Ce qui justifie le terme " bioclimatique ". Le bureau d'architectes Morissens-Noach a ainsi imaginé une structure très simple, orientée sud-ouest. Légère, elle nécessite moins de matériaux de construction et exploite, au maximum, la chaleur du soleil. Les murs en silico-calcaire - blocs de chaux compressés non cuits - gardent la chaleur du soleil, assurent une bonne évacuation de l'humidité et une ventilation impeccable. Les vitres du salon, de taille croissante, suivent en outre le mouvement du soleil. Plus étroites là où le soleil se lève, elles grandissent au fur et à mesure qu'il atteint son zénith avant de se terminer au sud par une grande porte-fenêtre ouvrant sur le jardin. Du même côté, les murs en silico-calcaire et l'enduit gris extérieur ont laissé la place à un chaleureux bardage en cèdre de forme arrondie. La couleur chaude du bois contraste avec le gris pâle des murs, et la courbe donne un mouvement à la maison. Toujours dans le même souci de respecter - et d'exploiter - l'environnement, la maison possède une très forte isolation des murs, une citerne d'eau de pluie qui alimente les toilettes, la machine à laver et le système d'arrosage extérieur, ainsi que des demi-niveaux destinés à respecter les reliefs du sol. Pas de panneaux solaires, par contre, trop chers à l'époque de la construction. Aujourd'hui, la question est cependant à nouveau à l'ordre du jour. Les primes offertes par la Région wallonne et une TVA de 6 % au lieu de 21 % rendent l'installation rentable. Après cinq ans, les travaux passent en effet du statut de " construction neuve " (21 % de TVA) à celui de " rénovation ", avec une TVA nettement moins élevée (6 % de TVA). Jo Jacoby