Il fallait quelqu'un de la trempe de Jean-Guihen Queyras pour assumer sur scène, soir après soir, pendant près de deux heures, l'interprétation des Suites ...

Il fallait quelqu'un de la trempe de Jean-Guihen Queyras pour assumer sur scène, soir après soir, pendant près de deux heures, l'interprétation des Suites pour violoncelle. Ce protégé de Pierre Boulez, pour qui il a été soliste au sein de l'Ensemble intercontemporain, impressionne par sa concentration et l'inébranlable qualité de son jeu dans des conditions pourtant hors norme. Positionné de dos, de profil ou de face, proche ou au fond de la salle, il réussit à entrer en dialogue avec les danseurs, qui vont parfois jusqu'à le frôler. Au salut, la sueur trempant sa chemise bleu nuit là où reposait son instrument est le signe manifeste de sa performance physique. On prolonge l'émerveillement avec l'enregistrement des Suites qu'il a livré pour Harmonia Mundi en 2007.