Après une sieste sonore en compagnie des finalistes du Prix Rossel, et avant un spectacle pluri- disciplinaire autour de Poney flottant puis une Carte postale de Chine avec les Midis de la poésie, la pétillante auteure et comédienne Isabelle Wéry programme cette fois une soirée avec le Prix de littérature de l'Union européenne (European Union Prize for Literature). " Quand le 140 m'a proposé cette carte blanche, avec Anne Bergman-Tahon (NDLR : une des responsables de l'EUPL, dont le centre est à Bruxelles), on s'est dit que c'était l'occasion de mettre en valeur ce prix qu'on ne connaît pas encore suffisamment et quelques auteurs récompensés ", con...

Après une sieste sonore en compagnie des finalistes du Prix Rossel, et avant un spectacle pluri- disciplinaire autour de Poney flottant puis une Carte postale de Chine avec les Midis de la poésie, la pétillante auteure et comédienne Isabelle Wéry programme cette fois une soirée avec le Prix de littérature de l'Union européenne (European Union Prize for Literature). " Quand le 140 m'a proposé cette carte blanche, avec Anne Bergman-Tahon (NDLR : une des responsables de l'EUPL, dont le centre est à Bruxelles), on s'est dit que c'était l'occasion de mettre en valeur ce prix qu'on ne connaît pas encore suffisamment et quelques auteurs récompensés ", confie celle qui fut lauréate en 2013 avec son deuxième roman, Marilyn désossée. Carolina Schutti (Autriche), Gabriela Babnik (Slovénie) et David Machado (Portugal) viendront compléter le quatuor littéraire de ce 6 février (1). " Mon objectif, enchaîne Isabelle Wéry, était de proposer des auteurs traduits en français, pour permettre aux spectateurs qui voudraient prolonger la soirée de se procurer les romans, grâce à la librairie Librebook. Je suis heureuse de faire découvrir des voix de pays dont on connaît encore mal la littérature, comme la Slovénie ou l'Autriche. " Chacun des protagonistes a eu le choix d'un extrait de ses textes, qu'il délivrera dans sa langue maternelle (avec une traduction française projetée, pour rester accessible à tous). Qu'en est-il alors du juke-box uni à ces s tories européennes ? " J'ai pris conscience que la musique a un rôle essentiel dans le processus d'écriture, chez moi mais aussi chez d'autres auteurs, souligne Isabelle Wéry. Cette dimension-là m'intéresse, c'est une manière théâtrale et vivante de créer du lien. J'ai lu des textes théoriques qui expliquent que la musique est l'un des arts qui électrifie le plus le cerveau. Et cela se propage aussi dans tout le corps. " Concrètement, sur scène, les deux disciplines devraient s'entrelacer en échos harmonieux. Isabelle Wéry précise : " J'ai demandé à mes trois comparses, tous liés au monde sonore, de sélectionner de la musique en résonance avec le fragment de roman choisi. Les playlists ont été récoltées par Pierre de Mûelenaere, qui tissera une création, entre le DJ set et le paysage sonore, pendant leur lecture. Je suis curieuse de leurs tempos et de leurs voix avec cet habillage. " Directeur de la maison d'édition Onlit, Pierre de Mûelenaere est aussi musicien (entre autres dans le groupe Orphan Swords) et programmateur de Bozar electronic. Il interviendra en alternance avec le philosophe et essayiste Laurent de Sutter, chargé d'éclairer les parcours et d'esquisser un fil qui relierait les obsessions thématiques des uns et des autres. Voilà une formule hybride, audacieuse, qui participe de l'envie du 140 et de son auteure associée cette saison de réfléchir à d'autres façons de donner à entendre les textes contemporains. " C'est enthousiasmant, conclut Isabelle Wéry, de proposer des formes qui mettent la littérature dans d'autres zones. Plus performatives, plus spectaculaires, plus festives, plus immersives. Artistiquement, j'ai envie de m'investir dans notre secteur littéraire, porté par un vent frais, et de créer des ponts. "