Le terrain n'était pas le plus facile à travailler. Mais le résultat est convaincant. Lorsque l'architecte Dao Le-Nhu s'attaque à ce projet, il se trouve confronté à une vaste étendue marécageuse. " On ne se bousculait pas pour l'acheter ", lance-t-il. Pas étonnant, vu les prouesses techniques réclamées par le caractère spongieux des lieux: 32 pieux ont été enfoncés à 15 mètres pour servir de pilotis à la maison, construite en 2007. Cette vaste bâtisse affiche quelque 550 mètres carrés, habitation et bureaux (un cabinet d'acupuncture) compris. La c...

Le terrain n'était pas le plus facile à travailler. Mais le résultat est convaincant. Lorsque l'architecte Dao Le-Nhu s'attaque à ce projet, il se trouve confronté à une vaste étendue marécageuse. " On ne se bousculait pas pour l'acheter ", lance-t-il. Pas étonnant, vu les prouesses techniques réclamées par le caractère spongieux des lieux: 32 pieux ont été enfoncés à 15 mètres pour servir de pilotis à la maison, construite en 2007. Cette vaste bâtisse affiche quelque 550 mètres carrés, habitation et bureaux (un cabinet d'acupuncture) compris. La construction de l'ensemble a coûté 1 200 euros le mètre carré, TVA incluse. L'idée maîtresse du projet consiste à isoler au maximum la partie logement de la voirie. La maison s'ouvre donc à front de rue sur le cabinet d'acupuncture, large espace composé d'un hall d'entrée extérieur tendance zen, d'une salle d'attente, de deux bureaux et de quelques cabines avec vue sur le jardin, pour créer plus d'intimité. Par un escalier spacieux, on accède à un appartement de 150 mètres carrés, imaginé dans le style loft. Toutes les pièces communiquent et donnent directement vers le jardin, accessible de plain-pied. L'ensemble a été conçu en fonction de l'évolution de la vie des occupants. Le jour où ceux-ci décident de cesser leurs activités professionnelles dans le cabinet attenant, les espaces pourront être strictement délimités. Les habitants pourront alors entrer facilement dans leur logement, sans devoir passer par l'escalier intérieur, grâce à une porte latérale. Dans le large séjour, rien n'est apparent: toutes les fonctionnalités techniques ont été astucieusement camouflées, pour conférer un sentiment de fluidité à l'ensemble. Les baffles et leurs câblages sont intégrés dans les murs, la hotte est encastrée dans le plafond, le chauffage est dissimulé dans le solà Tous les rangements sont intégrés dans les murs et disparaissent derrière des cloisons discrètes, comme les placards de la cuisine: une pièce ouverte vers l'extérieur, lumineuse, et qu'il est possible d'isoler grâce à des portes coulissantes. Pour renforcer l'impression de grandeur, les dallages en granit noir foncé se prolongent dans tous les lieux de vie, de la cuisine à la chambre. A l'extérieur, un bardage en cèdre rouge, qui se patine naturellement, rend de la chaleur à la maison. " C'est une façon de rappeler les arbres environnants, précise Dao Le-Nhu. Même chose avec les tuiles, dont la couleur se rapproche de celle des arbres. " Afin d'intégrer le plus possible cette maison moderne à son environnement, une parcelle du jardin est laissée à l'état sauvage. Dans la partie la plus proche de la maison, de simples haies ont été plantées. Dessinées comme des vagues, elles visent à rompre l'aspect rectiligne de la construction. l Gilles Quoistiaux