Né cinq ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le parc de sculptures du Middelheim à Anvers s'adapte aux nouveaux courants de la sculpture qui ancrent les £uvres ou les étirent directement sur le sol, les faisant s'élever telles des constructions d'ingénieurs ou convoquant l'architecture elle-même.
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Né cinq ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le parc de sculptures du Middelheim à Anvers s'adapte aux nouveaux courants de la sculpture qui ancrent les £uvres ou les étirent directement sur le sol, les faisant s'élever telles des constructions d'ingénieurs ou convoquant l'architecture elle-même. Résultat de cette rénovation : un nouveau bâtiment (Het Huis), deux expositions et un parcours repensé incluant les derniers achats. Parmi eux, un " pont " chinois dont le plateau en reliefs moulurés évoque, selon son créateur Ai Wei Wei, la difficulté du passage d'un bord à l'autre... d'une culture. On découvre aussi un monumental toboggan du Suisse Signer construit pour accoucher d'une souris (un bidon bleu éclaté sur un mur) et l'£uvre du Belge Van Snick, un jeu de petites bulles d'air filtrées par un tapis de galets noirs posé au fond d'un bassin. Restent les deux expositions. Pour la première (dans le pavillon Braem désormais réservé à la présentation de pièces trop fragiles), le Middelheim a fait appel à Bernard Wilhelm et Jutta Kraus, deux stylistes singuliers qui entremêlent, souvent avec humour et irrévérence, créations textiles, arts plastiques, performances, folklore, art vidéo et installations. Cette fois, leurs jouets s'appellent Giacometti, Arp, Rodin, Rosso... Des chefs-d'£uvre pris en otage et mis en cage de bois, éblouis par des tubes néons, noyés par des effets de miroirs, disposés au fond de boîtes ou si haut par-dessus qu'on peut à peine les voir. La seconde exposition inaugure le pavillon imaginé par Paul Robbrecht dans le décor d'un jardin orthogonal tout en herbes rases, haies bien taillées, sentiers droits, murets de briques claires et parterres de fleurs. Le lieu aurait pu être entièrement livré aux nouvelles préoccupations paysagères et ainsi rendre compte du changement d'époque. On n'y a pas touché. Seule l'architecture d'acier, un pavillon à demi ouvert, entaille l'ordonnance. A l'intérieur sont alignés les portraits et visages en céramiques vernissées (et pour tout dire dégoulinantes) de l'Allemand Thomas Schütte devenu, depuis ses maquettes d'architectures utopiques (les " Models ") et ses " Zombies " en cire colorées, une star de l'art adulée par les plus grands collectionneurs privés et, donc, les musées. Enfin, il reste tout le reste, un parcours repensé sur quelque 30 hectares avec ses belles surprises et ses £uvres historiques. Après tout, le Middelheim est aussi, pour les 250 000 visiteurs annuels, un immense poumon vert. Anvers, Middelheim, Middelheimlaan 61, du mardi au dimanche, à partir de 10 heures, en juin et juillet jusqu'à 21 heures, en août jusqu'à 20 heures et en septembre jusqu'à 19 heures. Accès gratuit. www.middelheimmuseum.be GUY GILSOUL