Faut-il passer son masque au micro-ondes pour le désinfecter ?
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Faut-il passer son masque au micro-ondes pour le désinfecter ? Professeur Jean-Luc Gala, directeur du Centre for Applied Molecular Technologies (CTMA) de l'UCLouvain :Le principe premier d'asepsie est qu'il impossible se stériliser un objet sale. Il faut donc d'abord laver l'objet avant de le stériliser... Dans le cas du masque, l'entretien de base comprend un cycle complet de mouillage, lavage avec un savon et rinçage, c'est-à-dire lavage de 30 minutes minimum à une température de lavage de 60 °C. Concernant les fours à micro-ondes, ceux-ci ne sont pas standardisés et donc pas du tout comparables en matière de puissance et d'énergie délivrée par unité de surface. En outre, cette énergie n'est pas nécessairement répartie de manière homogène (pensez au plat que vous réchauffez et qui est brûlant à l'extérieur et froid dans les couches profondes). Si on applique ce constat d'inhomogénéité de la répartition d'énergie, il est possible que certaines zones ne soient pas suffisamment exposées à la chaleur et pas " stérilisées ". Et il ne faut pas oublier que certains tissus peuvent fondre, prendre feu, voire exploser au four à micro-ondes. La mise au four à 70 °C pendant 30 minutes peut désinfecter votre masque - mais n'oubliez pas de retirer les filtres intérieurs et, une nouvelle fois, attention aux tissus synthétiques qui ne résistent pas à la chaleur. En résumé, pour éliminer les possibilités de contaminations virales liées à la contamination de votre masque ou de vos vêtements, mieux vaut les passer à la machine à laver (ou les faire tremper dans un baquet d'eau), à 70 °C, avec un détergent habituel et ce pendant 30 minutes. Serait-il possible d'avoir enfin une vraie vision européenne ? Donc mutualisation des budgets, harmonie fiscale, politiques sociales, etc. ? Edoardo Traversa, professeur à la Faculté de droit, président de l'Institut d'études européennes de l'UCLouvain : Je dirais plutôt que le problème n'est pas l'absence de vision mais les différences de visions qui coexistent : celle d'Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, celle du Premier ministre des Pays-Bas, Mark Rutte, ou encore celle du Premier ministre de Hongrie, Viktor Orbán, sont radicalement différentes, sans compter le rêve fédéraliste défendu par d'autres. La question à poser serait plutôt : " Pourquoi l'Europe n'a-t-elle pas les moyens de mettre en oeuvre les politiques qui lui ont été confiées ? " Actuellement, l'Union européenne doit systématiquement se tourner vers les Etats membres pour prendre une décision. Cela empêche ses institutions de développer une vraie politique. Même quand la majorité du Parlement européen vote en faveur d'une mesure, il faut attendre les représentants des gouvernements des Etats membres pour décider, alors que ces derniers sont bien souvent principalement animés par des considérations purement nationales. De plus, je constate qu'on attend que les décisions soient prises par le Conseil, c'est-à-dire les chefs de gouvernement. Or, sont-ils vraiment représentatifs des citoyens européens ? Les Etats membres ne sont pas leurs gouvernants. Si l'Union européenne avait les moyens politiques et financiers, par exemple par l'institution d'un impôt européen ou l'abandon de l'unanimité dans les secteurs de la politique sociale et fiscale, il y aurait l'espace pour mettre en oeuvre une vision plus cohérente. Mais pour le moment, l'Union européenne est à mi-chemin entre une entité politique autonome et une joint-venture des Etats, sans volonté propre. On n'avancera pas tant que l'Europe ne sera pas davantage que la somme des parties qui la composent. Quand on regarde l'euro, dont la gestion échappe aux Etats membres, on voit que l'on est passé d'une dimension nationale à une dimension européenne. Reste à espérer que la crise renforce cette tendance, en créant des mécanismes de solidarité plus efficaces.