Dans Le Vif du 3 décembre dernier, nous consacrions un article aux demandes d'aide financière faites par les professions libérales, au vu des conditions professionnelles difficiles que leur impose la pandémie. La Chambre belge des traducteurs et interprètes (CBTI) y réagit en ces termes:
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Dans Le Vif du 3 décembre dernier, nous consacrions un article aux demandes d'aide financière faites par les professions libérales, au vu des conditions professionnelles difficiles que leur impose la pandémie. La Chambre belge des traducteurs et interprètes (CBTI) y réagit en ces termes: "La CBTI souhaite faire part de son indignation, provoquée par la lecture de l'interview de monsieur Cédric Leterme. Monsieur Leterme déclare en effet que les professions libérales "feraient bien d'adhérer à la logique solidaire [en entrant] dans le système de cotisations pour la sécurité sociale". La CBTI s'insurge contre la manière simpliste dont cet expert en sciences politiques et sociales présente les professions libérales en général, et les professions de traducteur et interprète (nommément citées dans l'article principal) en particulier. Laisser entendre que les professions libérales ne paient pas de cotisations sociales est une ineptie. La CBTI garantit que les professionnels qu'elle représente s'acquittent de leurs obligations en matière de sécurité sociale - des cotisations qui, malgré l'importance de leurs montants, ne mettent pas les titulaires de profession libérale sur un pied d'égalité avec la majorité des autres catégories socioprofessionnelles. Loin d'être spontanément choisi, le statut d'indépendant est souvent un pis- aller qui permet à peine de vivre (voir les tarifs, dérisoires, des traductions et interprétations jurées, fixés par le législateur). Contrairement à ce qu'estime M. Leterme, il est normal que l'Etat intervienne en faveur des personnes, comme les interprètes, auxquelles il a interdit de travailler dès l'éclatement de la crise sanitaire, alors qu'elles continuent pour la plupart, et malgré les circonstances, à alimenter ses caisses." Cédric Leterme rétorque que "les organisations d'indépendants ont refusé d'intégrer la sécurité sociale fondée en 1945. Ils l'ont finalement fait en 1967, mais avec un régime spécifique, et donc notamment des caisses spécifiques, des cotisations spécifiques (moindres) et des prestations spécifiques (moindres aussi). Donc oui ils sont solidaires, mais "entre eux"... Beaucoup l'ignorent, cela dit et, par ailleurs, avec les exonérations massives accordées aux entreprises ces dernières décennies, beaucoup se retrouvent effectivement à payer plus que des grands groupes sans bénéficier des protections des employés. C'est pourquoi je disais que ces choix historiques bénéficient surtout à ceux qui ont une grosse activité et, à mon avis, de nombreux traducteurs préféreraient sans doute être salariés... Mais je maintiens que c'est ce qui rend critiquable (en partie) les demandes actuelles de protections supplémentaires."