Un jour, le cancer ne fera plus peur à personne ", assure un slogan qui s'étale dans les médias français. La maladie n'est pas encore une pathologie chronique comme les autres, mais elle change de visage, grâce, notamment, aux avancées de la recherche. Voici trois exemples.
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Un jour, le cancer ne fera plus peur à personne ", assure un slogan qui s'étale dans les médias français. La maladie n'est pas encore une pathologie chronique comme les autres, mais elle change de visage, grâce, notamment, aux avancées de la recherche. Voici trois exemples. Tout est parti d'une étonnante découverte : des scientifiques avaient beau greffer des cellules cancéreuses (leucémiques) à des animaux, rien de néfaste ne se produisait. Cette observation les a menés à une conclusion fondamentale : au sein d'une même tumeur, toutes les cellules ne se valent pas. En effet, pour " les cancers du sein et du côlon ainsi que certains mélanomes, des cellules souches cancéreuses s'avèrent plus "aptes" que d'autres à reformer des tumeurs, détaille le Dr Eric Blanpain, chercheur FNRS (ULB). Pour le cancer du cerveau, ces cellules, qui résistent au traitement, expliquent des récidives. Nous cherchons à comprendre ce que ces cellules ont de particulier : toute notre conception des cancers peut dépendre de cette réponse. Avec, à la clé, de nouveaux traitements. "Grâce aux puces électroniques, les chercheurs ont mis en image une " carte d'identité tumorale ". Celle-ci indique le degré d'activité cancéreuse dans de nombreux gènes. Ces recherches mènent à des avancées concrètes. " Pour le cancer du sein, quatre tests permettent d'identifier plus précisément les femmes qui risquent une récidive et, dans ce cas, celles chez qui la chimiothérapie sera plus efficace. Ce sont souvent les mêmes patientes ", remarque le Dr Christos Sotiriou, chercheur FNRS et chef de clinique adjoint à l'Institut Bordet. Commercialisé depuis l'été dernier, ce kit de pronostic n'a qu'un défaut : son prix. En effet, le coût de ces tests oscille entre 2 000 et 3 000 euros et ils ne sont pas remboursés. Pourtant, ils évitent des traitements inutiles et coûteux. Qui, eux, sont remboursés. " Les consultations multidisciplinaires font avancer la prise en charge des patients ", indique le Pr Vincent Grégoire, radiothérapeute oncologue aux cliniques universitaires Saint-Luc à Bruxelles. " Par ailleurs, désormais, avec la radiothérapie, nous sommes capables de mieux définir la cible cancéreuse à traiter et, grâce à de nouveaux équipements, d'irradier des zones complexes, même lorsqu'elles sont en forme de fer à cheval ! Bientôt aussi, nous devrions pouvoir "sculpter" la dose délivrée en l'adaptant aux modifications de la tumeur induites par la radiothérapie. Enfin, lorsque nos radiothérapies sont couplées à des molécules ciblées, on constate une amélioration substantielle de la survie des patients, en parti-culier pour les tumeurs de la sphère ORL. " Objectif : ga-gner en efficacité et réduire la mortalité. Pour la première fois, aux Etats-Unis, on vient en tout cas de noter une inversion des tendances : entre 1999 et 2005, le nombre de personnes atteintes d'un cancer ainsi que leur mortalité ont régressé. " En Belgique, la mise en place des mesures du plan anticancer et le prochain lancement d'un dépistage généralisé du cancer colorectal sont de bons signes ", soutient le Dr Didier Vander Steichel, de la Fondation contre le cancer.