yves leterme

A l'évidence, le grand perdant belge de l'année (lire en p. 10).
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A l'évidence, le grand perdant belge de l'année (lire en p. 10). Plus que les actions Fortis de sa belle-famille vendues à un moment suspect, son arrogance coûtera peut-être au ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht (Open VLD), le poste de commissaire européen. Il est persona non grata en République démocratique du Congo. Et ses piques contre les Michel père et fils ont ouvert un front à l'intérieur de la famille libérale. La police est discréditée par des scandales à répétition, qui éclaboussent jusqu'au cabinet du ministre de l'Intérieur. Patrick Dewael (Open VLD) lâche ses proches collaborateurs et s'en tire presque sans mal. La protection de son vieil ami Guy Verhofstadt lui ouvrira-t-elle les portes de l'Europe ? Le parquet de Liège demande le renvoi en correctionnelle de Victor Hissel pour détention d'images pédopornographiques collectées sur Internet. Il n'avoue que leur " consultation ". L'ex-avocat des Lejeune et Russo, et grand imprécateur, voyait des " réseaux pédophiles " partout. De Wever est à la fois un perdant de l'année mais aussi unà gagnant de 2008. En effet, pendant près d'un an et demi, le président de la N-VA a tenu le gouvernement Leterme en otage. En septembre, cependant, le cartel qu'il formait avec le CD&V a volé en éclats. Mais Bart De Wever - ainsi, du reste, que les séparatistes rangés sous d'autres bannières politiques - continue de peser sur les esprits, en Flandre. Terminée, la ségomania. Déjà vaincue par Sarkozy, lors de l'élection présidentielle, Ségolène Royal a échoué dans sa tentative de prendre la tête du parti socialiste. Ses discours messianiques, sa foi dans le renouveau de la gauche française et sa hargne à l'égard de sa rivale Martine Aubry n'y auront rien changé. En mars, les grandes manifestations pacifiques au Tibet n'ont en rien adouci la politique répressive qu'y mène Pékin. Quant aux Occidentaux, ils n'ont pas saisi l'occasion des JO pour soutenir fermement la cause des Tibétainsà 2008 ? Une année ratée. " Je suis immensément déçu ", déclarait le chef spirituel tibétain en visite à Bruxelles en décembre. A cause de son " objection de conscience " à propos de la loi en préparation légalisant l'euthanasie, les prérogatives du grand-duc vont être rabotées. La Constitution précisera que le souverain " promulgue " les lois, au lieu de les " sanctionner ". En quelques jours, Maurice Lippens a tout perdu. Sa réputation de " capitaliste de papa " chéri des Belges, voire son honneur. Maudite crise financière, qui, fin septembre, l'a forcé à démissionner de la présidence de la banque Fortis, puis de ses mandats chez Belgacom et à la FEB. Voici Lippens en quarantaine, redoutant le feuilleton judiciaire dont il pourrait faire les frais.