La place Saint-Lambert est caressée par un soleil enthousiaste, ce midi-là. A quelques pas de là, l'espace Tivoli, no man's land qui joue toujours la jonction avec la place du Marché, fait pâle figure : couverte de cailloux, la zone accueille annuellement le fameux marché de Noël. Et fait l'objet d'une étude lancée par la ville. Gardons d'ailleurs ce petit bout de terre en mémoire, et reprenons rendez-vous dans quelques mois, puis dans quelques années. Histoire de voir si et comment la ville aura progressé sur ce dossier ciblé et révélateur.
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La place Saint-Lambert est caressée par un soleil enthousiaste, ce midi-là. A quelques pas de là, l'espace Tivoli, no man's land qui joue toujours la jonction avec la place du Marché, fait pâle figure : couverte de cailloux, la zone accueille annuellement le fameux marché de Noël. Et fait l'objet d'une étude lancée par la ville. Gardons d'ailleurs ce petit bout de terre en mémoire, et reprenons rendez-vous dans quelques mois, puis dans quelques années. Histoire de voir si et comment la ville aura progressé sur ce dossier ciblé et révélateur. Aucun procès d'intention ici : juste le souci de vérifier sur le tas si les erreurs du passé, qui ont parfois donné à certains projets des allures d'histoires sans fin, ont été intégrées, comme on nous l'assure à l'hôtel de ville voisin. Qu'on se le dise d'emblée, en lisant le menu de ce dossier : 2009 est une toute grosse année pour Liège. D'abord, il y a les chantiers inévitables. Brosser les projets d'avenir, dans une cité qui se veut à nouveau ardente, c'est forcément évoquer la Médiacité (Longdoz) et la gare des Guillemins. Un sacré bijou, mais qui se change parfois en caillou pour la Ville vu les incessants problèmes de réaménagements connexes. Ou quand les mondialement célèbres Santiago Calatrava et Ron Arad, architectes de leur état, viennent coiffer Tchantchès d'une fameuse plume au chapeau. Le mayeur socialiste Willy Demeyer et son équipe pourront pousser un bruyant cocorico en temps voulu, devant un large parterre d'huiles et de photographes, mais les autres défis inaboutis qui les attendent sont au moins aussi vitaux pour Liège. A commencer notamment par le plus médiatisé de ces dernières semaines : celui de la fermeture des maisons de passe du centre-ville. Un centre-ville où la mobilité, qualifiée de " thème central " à l'hôtel de ville, est amenée à faire les choux gras de la prochaine campagne électorale, tous candidats confondus. Les conclusions d'une récente étude sont d'ailleurs édifiantes : à 6 heures, il arrive qu'un véhicule sur deux, garé sur un emplacement de riverain, dans les rues du centre, n'appartienne pas à une personne domiciliée à Liège. En clair, l'exode massif causé notamment par les expropriations liées aux énormes et interminables travaux de la place Saint-Lambert est enfin endigué : à l'époque, Liège comptait pas moins de 240 000 âmes. Et si la ville ne totalise toujours officiellement que 191 000 habitants et recense en outre 100 000 étudiants in situ, c'est pour une foule bien plus dense encore qu'il faut repenser la mobilité de fond en comble. Au centre comme aux extrémités du Grand Liège, qui peine à voir le jour administrativement et politiquement, malgré la mise en place d'une fédération liégeoise des bourgmestres locaux. Entre le futur tram, dont on espère une mise en £uvre rapide et efficace (qui bloque toujours pour l'instant les travaux de réaménagement devant la gare des Guillemins), la réorganisation des bus - l'accession de l'échevin de l'Urbanisme, Michel Firket (CDH), au poste de président des TEC liégeois devrait débloquer le dossier -, les parkings relais, le Trilogitport ou encore la liaison autoroutière Cerexhe-Heuseux-Beaufays, les dossiers stratégiques et politiquement lourds s'empilent sur les bureaux des édiles communaux. Qui souhaitent de concert, comme l'assure Willy Demeyer, " redensifier la ville, notamment en encourageant tous les types de logement dignes de ce nom... "D'enjeux stratégiques, notamment en termes démographiques, il en est également question quand on évoque les grands dossiers immobiliers ou urbanistiques de demain. Mauvaise nouvelle : le chancre de l'ancien hôpital de Bavière, où Himmos souhaitait implanter 600 logements, a du plomb dans l'aile. D'autres projets heureusement, comme la réhabilitation de la malfamée plaine de Droixhe, ou le développement immobilier du Cadran (maison de repos, appartements, bureaux, parkings) semblent moins hypothéqués par la crise. Manque criant de lits d'hôtel de qualité dans une cité à vocation internationale, atermoiements liés à la recherche de stade pour les équipes de football locales, redéploiement culturel dans un contexte plombé par le fiasco de la saga " Liège 2015 ", futur centre hospitalier à Glain, etc. Sans prétendre à l'exhaustivité, nous tenterons d'apporter quelques réponses fraîches à ceux qui cherchent des sujets de conversation aux terrasses de la place du Marché ou dans les files devant les isoloirs de vote, lors des prochaines échéances électorales, qui s'annoncent ardentes elles aussi. " Nous sommes des ensembliers qui ont été chercher les subsides là où ils se trouvaient. Nous étions désargentés, mais nous avons réussi, en 20 ans de majorité communale PS-CDH, à lancer le redéploiement d'une ville alors lourdement plombée par les dettes ", se félicite le bourgmestre Demeyer. Un bilan de campagne que nous vous invitons à vérifier sur le tas. Ph. C., A.-C. D. B., G.V. et C.W.