Selon le Centre Simon Wiesenthal, en 1995, il n'existait en France qu'un seul site d'incitation à la haine raciale. Quatre ans plus tard, ce chiffre dépassait déjà les 2 100. Chez nous, on recensait en février 2001, plus de 71 sites xénophobes, négationnistes, racistes ou non démocratiques dont une trentaine pour les seuls groupuscules satellites du Vlaams Blok.
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Selon le Centre Simon Wiesenthal, en 1995, il n'existait en France qu'un seul site d'incitation à la haine raciale. Quatre ans plus tard, ce chiffre dépassait déjà les 2 100. Chez nous, on recensait en février 2001, plus de 71 sites xénophobes, négationnistes, racistes ou non démocratiques dont une trentaine pour les seuls groupuscules satellites du Vlaams Blok.Dans l'Hexagone, une association a fait de la Toile son terrain de bataille face à l'intolérance, au racisme et à la haine. Depuis mars 2001, l'association "J'accuse", rendue célèbre par le procès les opposant à Yahoo!, traque sans relâche ces "cybermarchands de haine" comme se plaît à les appeler son président, Marc Knobel. Leur dernier combat en date les opposait à treize fournisseurs d'accès à Internet (FAI) qui refusent de filtrer l'accès au site américain Front 14 ( voir Le Vif/L'Express du 3 août 2001), un portail qui regroupe plus de 325 sites xénophobes répartis dans le monde entier. Le 30 octobre dernier, alors que tout le monde s'attendait à une décision tranchée (comme ce fut le cas dans l'affaire yahoo !), le juge des référés du tribunal de Grande Instance de Paris, Jean-Jacques Gomez, a renvoyé les deux parties dos-à-dos. Il a estimé que "les fournisseurs d'accès devaient décider, librement, des mesures les plus indiquées pour bloquer l'accès à ce type de sites en l'état des moyens techniques existants". De son côté, la société américaine hébergeant le site Front 14 (Sky Net Web) est tenue de présenter au tribunal les mesures qu'elle envisage de prendre pour empêcher l'accès au site depuis la France. Une décision non contraignante puisqu'elle n'est assortie d'aucune astreinte en cas de non application ! Ce jugement devrait finalement satisfaire Marc Knobel qui nous expliquait, lors d'un récent colloque organisé par le CID (Centre d'information et de documentation de l'UCL) sur "les dérives d'Internet", qu'"il revenait aux fournisseurs d'accès, s'ils sont avertis de la présence de ce type de page sur leurs serveurs, de prendre les mesures qui s'imposent. Chacun doit avoir une réaction citoyenne. C'est un combat universel. "J'accuse" ne se limite d'ailleurs pas à une seule forme de racisme puisqu'elle a dénoncé un site fondamentaliste musulman faisant l'apologie du terrorisme ainsi que le site d'un mouvement intégriste juif". Une position moins tranchée que par le passé qui ouvre finalement la porte à la collaboration. L'époque des procès systématiques semble donc révolue. En attendant, il semblerait qu'un groupe de hackers ait pris les choses en main en bloquant l'accès au site. En effet, depuis trois semaines, Front14, "le meilleur de la haine en ligne", répond (définitivement ?) aux abonnés absents.Informations: www.jaccuse-aipj.orgLaurent Toussaint